J’avais écrit un poème, après un café bien frappé, que j’avais aussitôt déchiré, et comme un appel pacifiste à tous les rêveurs sa complexité sombre et austère s’inspirait du retour des macchabées sous des astres convoqués uniquement pour des retrouvailles à Port-Saïd, et ça ne me bottait pas plus que ça… Trop macabre, pas assez fun pour les réseaux sociaux, son incarnation m’avait, pour ainsi dire, semé dans sa course ; une course à l’allure fulgurante à travers les dédales des villes les plus complexes.
Ce soir, le ciel s’empourprera pour des américaines à brûler et le ressuscitera ce poème disparu ; alors son périple du centre-ville de Dublin jusqu’aux forêts denses de Lake District, permettra aux ruines des vieilles bâtisses quelques évangélistes de tenir encore debout pour quelques siècles encore.

