Poésie surréaliste NotesMat15

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Le Metropolitan à New York

Sur des centaines de kilomètres, un mur incrusté de fenêtres aveugles : une étrange et invisible ouverture d’où se manifestent les plus étranges phénomènes de l’Esprit, d’un autre monde. Là-bas, on voit des chiens impénitents bectant tout ce qu’ils peuvent trouver en fouillant les poubelles ; celles-ci contiennent pour une raison inexpliquée des lanternes cassées ou intactes des quenouilles et des jambettes de charpentiers tyrannisés par leurs impératrices et tandis que les chiens se jaugent en hurlant à la mort comme les loups, leurs propriétaires vagabonds se menacent de mort… C’est dans cet état que je me suis réveillé ce matin et le lampion au-dessus de ma tête et aux couleurs d’un mai plutôt gris, avait quelque chose de menaçant.
Tout cela allait aboutir par une guerre fratricide lorsque les hideuses bêtes déploreraient leurs ailes ; bien sûr ce ne serait pas avec un seul dragon du Komodo qu’elles renverseraient le pouvoir, cependant leur karma en avait assez d’hiberner, de se nourrir des mêmes griefs du passé.

Un autre mur, celui-là grisé par les coups des mercenaires pratiquant tous le kung-fu, muraille les autres hordes qui n’ont laissé après leur départ qu’un amoncellement d’ossements de chèvres. Et, sur un tas de gravats, comme cette rêverie est identique à mon rêve, les guerriers finissent tous par mourir, sentant l’huître malade ou la larve grassouillette.
Plus loin, bien au-delà de ces remparts, il y a des îlots, je le sais même si je ne les ai jamais vu, qui mordillent les naufrages des navires impavides, et la hauteur de nos gradins qui surplombent ce paysage maritime, s’ajuste automatiquement et se réorganise instantanément lorsque la population diminue, croît ou même pullule à cet endroit, de retour du Metropolitan à New-York !