En bésicles de peste sur la voie publique, sur le boulevard des hors-paliers
D’abord, il y a comme cette Belgébeuse, comme cette étoile en virée pour du tapage nocturne et bien urbain, cette rêverie que je rêve secrètement de rosser à mort pour penser aux si belles, si moches choses ; tôt devant mon café, comme en goguette, dis-je, pour toutes les abominations métaphoriques ou réelles qu’on peut puiser d’un halo de mystères, d’un rond stylisé de sorcières alchimiques qui prient, envoûtent les petites gamines en planche à pain, sous nos fenêtres, à l’angle de la rue Caspienne et du boulevard Borges.
Elles donnaient, nos fenêtres, sur une place, ou sur le toit du monde, ou bien encore sur une nouvelle ville sainte, je ne sais pas ; tout ce que je sais c’est qu’à l’heure où l’on fermait les usines, histoire de se faire la malle, nous entendions s’éteindre à petits feux le célèbre carburateur Zénith à qui nous devions tant de chevauchées. Tant de chevauchées fantastiques à travers l’agitation débile des foules occultes, en bésicles de peste sur la voie publique tandis que le néant, comme sidéré par leur souffre, court, semblant échappé de Vilnius, jusqu’à leur radical… en montant toujours vers le saint des saints zonard, leurs cendres de jadis, leurs nombreuses fêlures, et toutes leurs incisions au verre tranchant, aiment bien foutre la merde avant de partir pour de bon : tant d’éclats de voix pour rien ! et tant de bastons entre chiens bâtards et consanguins pour des enfantillages d’enfants qu’on devrait pendre aux embranchements capillaires !
Comme toi dévêtue, comme le morpion de notre Munchkin, j’ai attrapé le virus qui se trouve -sensualité toute tressée- à l’emplacement même de tes tresses imaginaires : une cascade où je m’écrase alors sans pistes de fortune… Et pour la Fortune : des clous ! Il faudra attendre et repasser.
Sa matière fécale, à cette Fortune qui nous résiste, a le goût spirituel, mais simple et funeste de ma veine tailladée ce matin bleu nuit, cette matinée en bleu de travail nauséeux !
…
En s’approchant d’un peu plus près, on pouvait voir qu’elle peignait des pieds, ces racines alchimiques et je baignais alors dans les labours montagneux de ses couches de peintures flamandes et de leurs trous béants : des éclats de vie comme son corps volcanique et tandis que ses univers ruissellent le long de ses dessins bientôt effacés comme les ellipses de glaises barbotant à la place des deuils, j’écrasais leur piste de fortune de mes galoches encore boueuses ; ensuite comme un appel vers l’au-delà ce fut le tour des cartes du Munchkin de nous frapper de bannissement : malédiction de leur lueur expérimentale au fond de la caverne, au fond de la bobine 4 toujours inachevée.
Et inachevées aussi étaient leurs forces qui tempêtaient dans nos crânes par une rivière de fils téléphoniques !
