Poésie surréaliste NotesMat15

• •

Au Carnaval de la Grande Comédie !

En jetant des scénarios folichons à la corbeille, tous ces mondes celtes tire-bouchonnés suivaient mes pensées mélancoliques ; sorcier africain en mal d’horizon, j’étais adossé à un arbre, incandescent, et sciemment j’actionnais les pattes des fourmis, fasciné par mes proies.
Plus tard, sous la demi-lune, mes textuelles escouades se résumaient à un refrain fredonné dans la nuit.
Les forces spirituelles guidaient mes pas, je savais que je franchirais un jour l’espace reliant l’existence aux ténèbres, je n’avais plus besoin de mains ni de jambes ni de cœurs qui battent ; j’entendis soudain le cormoran des limbes appeler mon nom…
Au Carnaval de la Grande Comédie, au cœur de ce remue-ménage, à l’heure où tout allait s’enflammer, je vis le parfum d’Esmeralda s’immiscer parmi les phosphorescences médiévales ; l’héroïne de Victor Hugo et sa chèvre Djali dansaient sur un tas d’ordure. Les passants, comme les soldats, la langue pendante, admirait ce striptease qu’elle effectuait parfaitement, et à mesure qu’elle se dénudait, le Grand Inquisiteur Clopin Trouillefou qui avait mené le cortège courroucé devant le Bûcher dressé pour l’occasion, perdait peu à peu son latin.
Installé confortablement dans son écrin de velours, depuis sa Chaire ecclésiastique, Monseigneur Le Cardinal Frolo scrutait les moindres mouvements et formes généreuses de la petite bohémienne.