Poésie surréaliste NotesMat15

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De l’autre côté de la pipe d’opium !

De l’autre côté de la pipe d’opium, elle était là, pleurant ses larmes de caoutchouc, avec ses seins nus tressautant ; des larmes qui prenaient pour tremplin les miroirs brisés de sa chambre à coucher.

Des larmes qui avaient fait naître des avortons ; des avortons crachant de la lave sur des sentiers ombrageux, des avortons récoltant depuis le fond sans fond de leur esprit de nouveaux horizons, s’engouffrant à travers son magnifique kimono à étreindre…

En serrant les mâchoires, ça jaillissait par le nez ; à la longue, à l’usure même, ce qui émergeait de ces petits geignements, c’était un enchevêtrement poussif d’associations dénuées de sens : des grappes de couleurs fastueusement temporaires, facilitant un réseau de possibles, un réseau de romans en attente.

De l’autre côté de la pipe d’opium, à la longue, à l’usure même, elle se cambrait de douleur, ma douleur, s’arcboutait dans son lit et tout était en feu : un feu d’origine glaciale brûlant des bris de poèmes transformés pour l’occasion en une armée nomade.