Poésie surréaliste NotesMat15

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Le Rêve

Lançant des corn-flakes et des strass sur les grands chemins, en humectant les ombres de la grammaticale limite délimitée par la pluie, s’entraînent là-haut des alpages noirs de craie et de surprises synthétiques… la lumière par petits paquets de rayons, paraît enamourée d’un suçotement de bleuet nostalgique, ces silhouettes de craie et de fusain plongent en s’immobilisant en bas :

Là où sa jupe mandarine, en tombant, a dessiné des associations dans la neige froide et presque ossifiée par tant de guerres acharnées ; des zigzags sous le poids de leur pénombre se surprennent aussi à osciller du côté du vide : c’est un abîme d’une blancheur brûlante, où le noeud du chignon de la soubrette s’hérisse de pincées d’herbe !

 

L’existence suit un tracé logique, le rêve, lui, semble aimanté par le vide sidéral et chaotique.

 

Des faisceaux crépusculaires d’abord altérés, comme momifiés par leur descente vertigineuse, nous enveloppent d’un parfum subliminal jusqu’à sentir leurs doigts tresser des perspectives poétiques sur les stèles de marbre rose (d’une minéralogie douteuse cependant)

 

Nous regardons la mer s’effondrer comme de la viande cokéfiante dans une gamelle pleine d’échos silencieux. Des voix nous parviennent d’une idée lumineuse : dehors l’aventure farfelue continue sur la route, sur ce chemin arrosé par la récente averse où nous espérons secrètement fouiner aux revers des hivers brûlants.

 

Du plus profond des limbes de ces miroirs de bordel, la fin de saison appelle la neige à envahir l’asphalte et le goudron des réalités statiques.

 

C’est l’instant des poches vides, le paroxysme du monde de la force où la foudre vient toucher nos blessures audibles ! De pitoyables existences alvéolées remontent à la surface et, tandis que les étoiles filantes paradent, nous ressentons alors la présence d’un neutron hostile, et en même temps un grand vide s’ouvre devant nous…

 

Des tourbillons énigmatiques se glissent autour de nos deux corps immergés : de véritables et authentiques louanges pour leurs si belles lumières ; mais elles ne reprendront jamais vie !

 

Le monstre responsable de ce carnage ? Le fond du lavabo où s’écoule à présent la pénombre fringante ; une finitude interminable où rien ne bouge : seule sa syntaxe suinte sur les murs de notre prison. Quelle journée !

 

Nous sommes devenus des chiens corrompus, à l’échine cassée. Des chimères bien trop ancrées dans l’imaginaire. Des épouvantails consumés et perdus cette nuit. Des singes de l’espace, suspendus par-dessus le parapet rouillé de l’autoroute.

 

Malgré tout, le cauchemars prendra fin, à l’aube quand la délicatesse des autres corps cotonneux, enveloppée sous les sac de couchage, viendra nous étreindre.