Poésie surréaliste NotesMat15

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Le Piano

Le piano jouait des silences ordonnés, architecturés, aux sonorités mauves et chaudes qui souvent venaient dormir avec nous, au creux d’un arbre.

Vertueuse léthargie : c’était la seule note qui ne pouvait s’éteindre sans le recours au piano.

Et enfin, je la vis arriver en robe blanche, tellement lumineuse, tellement étincelante qu’elle éclairait mon chemin.

À l’encre de chine je dessinais sa Garde Impériale, sous le regard de l’ermite, un dessin déjà effacé par le temps, qui d’ellipse en ellipse zébrait mes pensées de croissants de lune.

Au royaume des légendes on the road, malgré l’art, la science et la sophistication de ses cosmétiques, j’avais soif de perfectionnement : je voulais parfaire sa garde-robe (des robes, des guêpières, et d’autres accessoires mystificateurs).

En parcourant ainsi ses affaires, je pensais secrètement aux nombreuses campagnes menées sur des cobayes naturels afin de les rendre aussi beaux et étincelants qu’un dieu ou une déesse grecques.

J’étais le Grand Maître du Jeu, elle enfilait les fringues que je lui proposais et elle devint ainsi, après cet échange de bons procédés, une Princesse japonaise d’une Beauté riche en sévérité et en dépouillement oriental ; nous arrivâmes ainsi sans aucun déboire dans ce lieu magique et spirituel : une céleste clairière à flanc de colline, où se reposaient, en attendant le Départ olfactif, des étincelles, vives, nombreuses, des luminescences à l’état encore embryonnaire.