A l’intérieur d’une canne en bambou où elle résidait cette idée, inondée par des émissions huileuses, dégueulant le fond du Rio Negro d’une planète encore inconnue, j’avais confié sa timeline minée par les poux à ce veilleur de nuit : une sorte de Présence qui, en agrandissant nos libations vivifiantes, exécrait dans son redoutable cocon cahotant, inédit les humains.
La Présence représentait à elle-seule un assaillant fantomatique pour ces ours en peluche ne pouvant s’empêcher de chavirer dans le sommeil ; et lorsqu’elle éteignit alors la lampe halogène et l’odeur rouge, mélancolique qu’elle exhalait, oh mon dieu ! sa réflexion très synthétique fut accrochée aux harnais des sorcières du dimanche après-midi… puis s’éloignant le long du canal, avec le tac-tac de ses talons aiguilles, Adieu ! Adieu ! elle s’assura un chemin parmi les calligraphies à l’encre chancelante tout en épluchant cette longue intimité avec le sel, le poivre, le parmesan, ou l’origan des stations de métro.
Dans les jardins botaniques de la ville, et dans son cerveau où aucune information inutile ne filtrait, en remontant l’ensemble des disques durs comme le mécanisme d’une vieille montre, ça sentait l’obscurité spirituelle et esthétique, ça fleurait aussi un sentiment d’étrangeté lorsque, en détachant mes feuillets du bloc-note, la Présence éclairait le fond de ces grandes profondeurs…
Sa lumière ? Un monde larvaire, alchimique, qui rendaient de l’huile de vidange, où j’aimais me tapir parmi les autres Innocents accrochés à la Cora-Hummer 7 comme des boucles d’oreilles, comme des chaînettes autour d’une cheville.
Alors réfugiés dans sa confortable thébaïde, nous jetions les gemmes et les éclats des pensées crépusculaires conçues par cette Présence comme des carences affectives, nous les jetions du haut d’une plate-forme arctique, et leur rituel de purification en s’élevant au-dessus des champs de maïs alchimiques, s’écrasait comme un mégot, générait aussi des regards inquiets en direction des Serveurs Locaux ; Serveurs, qui en arrosant la terre déjà humide de notre immense terrier, perdirent leur hébergeur où siégeait le sein froid de la surréalité.
En tournant dans la brise et les courants d’air zonard comme les mécaniques ailées d’un moulin, alors que la Présence tambourinait à cette heure les portes de l’hôpital psychiatrique le plus proche, toutes ces machines réinventées en profanant sans cesse le graphique délicat de ce texte d’origine, dans les braises qu’un ciel zébrait selon un modèle de cendres cauchemardesques, elles brûlaient à présent comme un bon feu !