Poésie surréaliste NotesMat15

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Dans la gueule du crocodile

Dans la gueule du crocodile, un autre monde et nous deux dedans ; mais aussi une autre sorte d’arbre cure-dents déclenchant du haut de ces branches des avalanches, discrimant la perspicacité soucieuse comme si elle se recueillait après le départ de notre fusée.
Et ce troll de Scentless décodait pour nous les vagues matricielles provenant et s’échappant hors de notre mental, vulgarisait pour nous le langage ubuesque des arrêts de bus : un véritable enseignement !
Dans la gueule de l’africanisme, comme la tumescence d’une gencive altérée au fond de nos pupilles, chaude comme le punch, comme une yé-yé malsaine en manque d’outil éthymologique, en la scarifiant et en la débouchant avec un tire-bouchon, la veine de cette nuit sanguine qui avait été transférée dans la gueule d’une ténor scandinave, mimait la monolithique baleine, élaborait son effet boeuf, sa pluie fine, ses automnes prémonitoires. Quant à moi, alors sans le sous, je mimais l’alchimiste moyen-âge encore pendu au cordon ombilical des fils d’Artaud.
Ce fut préjudiciable : en dépendant du jeu de l’oie auquel nos serveurs locaux appartenaient, nous fûmes promus en tant que techniciens de surface au rang des pestiférés.
Mais quelque chose papillotait à l’intérieur, en les brouillant encore plus d’ondes cérébrales, ces serveurs locaux, alors qu’on croyait avoir vraiment touché le fond cette fois ; quelque chose mal oxygénée qui voulait percer hors de ces ovoïdes organismes : cette chose sataniste, pubescente à Walker Bay (la plage isolée où nous aimions errer sous les chênes verts) cette chose, dis-je, vivait à nos dépends.
Ces pointilleuses lignes de code qui se formaient sur nos écrans d’ordinateurs, lancèrent alors leur attaque : une véritable phagocytose ! Et ces lignes de code remportèrent l’unique dollar de la victoire et fixèrent sur la plus belle branche de l’arbre cure-dent la corde à laquelle nous hissions le dévoué Culte. Culte volé lors de ce rassemblement aux vitraux de la nef basse voisine.
Ces lignes de code n’étaient, par définition, de ce remue-ménage que d’infinitésimales déclinaisons avant l’apocalypse !