Poésie surréaliste NotesMat15

• •

Funeste, intense, foutu reboot de cut-up à l’extrémité du câble nord !

Funeste, intense, foutu reboot de cut-up à l’extrémité du câble nord ! Un véridique choc numérologique, l’imagination du poète ! Un vrai lot anaphylactique formant un monde très cinématographique, tâche que les dignes descendants de Burroughs remplissent à merveille en acidifiant aux quatre coins du monde leurs représentations mentales amovibles : elles-aussi imaginaires, toutes emmaillotées dans leur réceptacle de métro moite, incohérentes par leur éloignement, ces représentations reflétent la moyenne du quotient intellectuel kilométrique de tous les défauts, de toutes les failles et de tous les crashs de leurs disques durs, internes comme externes.

Au milieu de la nuit, le sol jonché de bouteilles vides, ils regardent l’existence suivre un tracé logique, ce cheminement qui remonte depuis les limbes neuronaux, excursion spéléologique inversée et déjà bien entamée, avant d’entamer un requiem aux lettres mortes. Le suc oppressant d’une faille de sécurité alternative commence à saigner sur les pages alchimiques de leurs carnets de moleskine ; pliant, comme chaque soir leurs listes, sous les coupoles illuminées de leur terrier, leurs lacunes viennent s’effondrer comme des morceaux de banquise, dans la trop vaste bibliothèque.

La bibliothèque ? Des voies lactées gargantuesques, toutes enchevêtrées entre elles, et vidées de leur utilité qui passent d’un agréable coloriage noir au latin ténébreux de la matrice mère de toutes les matrices. Les carnets de moleskine ? Un monde de défunts zébrant les entonnoirs de cette force cauchemardesque et qui monopolisent leurs mondes…

Et la faille de sécurité alternative ? Une structure aléatoire où de jeunes pousses de réminiscences sont alimentées par un enchevêtrement de fils électriques et téléphoniques, comme le matériel informatique de mon bureau. Se contractant comme des pensées garrotées au fond de notre arabica, ces souvenirs, lugubrement, transmettent à la matrice mère, toutes les scories entrées automatiquement au sein du Navigateur.

Tressant des schémas mystérieusement disparus et en inversant leurs cours qui s’affaissent, replié et mortifié par les visions qu’il a engendré, le Navigateur, par synesthésie scientifiquement intemporelle, détériore à lui-seul les chemins d’accès donnant sur les bases de données de la matrice mère : l’ordinateur s’éteint, redémarre sans cesse ; de son spirituel avancement, ont jaillis les hideuses corporations, leurs formalités irréelles aussi.

En s’approchant d’une toile vierge de Pierre Soulages et en un clin d’oeil, son humeur change et sécrète quelque chose d’étrange dans l’obscurité. Alors j’imagine que, dans ma tasse, le café se mue en poison. Regardez bien : une multitude de minuscules portes s’ouvrent sur un très haut plongeoir et, dans cette piscine en contrebas, une naïade nue s’ébat en nageant ; et sa robe alternant entre la lumière et la couleur noire, sa robe tombe au fond de l’eau et c’est le black-out qui s’annonce, mû par quelques sentiments de love buzz amoureux.

En rasant fugitivement mais vivement les murs, depuis la grisaille d’un sommeil sans rêve, la toile observe les clients dans ce musée des Beaux-Arts de Lyon, je connais son visage, une ou deux histoires véridiques ou inventées la concernant mais est-ce suffisant pour affirmer que je la connais vraiment ? L’ordinateur alors rame.