Des méandres de chaussettes, diverses trouée de sous-vêtements avariés et remuglants jusqu’au gaspillage ; rose noire déchue, alors que mes pensées cognent, elle essuie la morve en blablatant de tout autre chose tandis je pioche sous son matelas une hallucinante quantité de sachets. Encore une aventure, une orchidée de ballons multicolores, les formes sont tristes, goulues mais elle ne veut pas en démordre.
Je lui montre la ligne droite, ne perdant pas le nord et enjoint l’envers des Palaces et des arrière-cours, voilà de quoi émettre un son, de quoi sentir la mer tourner. Tous les réveils me consternent, incarnés par ce mauvais endroit ; les hauts plateaux de l’Éthiopie se sauvent, se cachent dans le tiroir de sa table de nuit… Ainsi que toutes les blessures et tous les chagrins que nous n’avons pas eus ensemble.
Venant des profondeurs de son appareil Kodak en crachotant, les larmes d’un Inuit qui glissent le long des briques des maisons lourdes, hautes, kitsch et noires ; ces larmes qui se déroulent, en dominant l’horizon, le long du chemin de fer antique : ces larmes nées dans la poussière narcotique, et qui redeviendront poussière narcotique.
Ces mêmes maisons où sont piégés les Nouvelles Combinaisons, les mots de passe, les bleus vifs de ces larmes ont sapé leur amalgame de sables et d’exaltation sinistrement verrouillée ; exaltation aussi de jeunes pousses de réminiscences qui veulent réconcilier l’Inuit avec quelque chose d’encore trop flou, toutes ces abstractions qui continuent de glisser en sourdine avec les larmes au pied des chagrins d’amour de l’Inuit… en emportant toutes les lumières, leurs lacunes ne sont que les bornes invisibles du cosmos, ce quasar glacial, schéma alchimique d’écorces et de kouglof, où se mêlent la rosée du matin, la rosée d’un monde chatoyant, et le chavirant poison d’une nuit sans dormir…
J’ai entrevu aussi ce fameux soir à minuit une lueur jaunâtre, typique de l’art baroque, venant se poser sur les vitraux que l’Inuit a récupéré des ruines d’une ancienne cathédrale.
Enroulé dans un drap, j’ai interféré dans la base de donnée de ces vacillants et farfelus kaléidoscopes : des travellings postaux, sanguinaires, en clonant ici ou là des virtuosités ridicules et alors, venu de nulle part, un chien perdu s’est approché de l’homme Inuit en pleurs.
De rouge crépusculaire, dans toutes les enveloppes ses larmes ont été dissociées : ce sont des bases de données matricielles, sans noms. Le chiffre 9 de leurs Vies Antérieures, disparaissant progressivement pour laisser place à une photo sous cadre, se reproduit pourtant à l’infini sur des feuilles libres : c’est ce qu’on appelle la Transmission Spirituelle.