Je t’écris à une époque où les orangs-outans disparaissaient en nous laissant un goût de cendres encyclopédiques, en nous laissant aussi un goût d’appel téléphonique débridé.
Je t’écris à une époque où, perchés mais sans aplomb, nous devions les asservir ; nous avions fort peu de valeur et les orangs-outans ne pouvaient qu’acquieser. Leurs cerveaux étaient des moteurs ou des pelotes de paille et nos enfants avaient fait courir sur le sol les mandalas de leur Olympe.
Autrefois aussi, cablés par un système de chauffage psychiatrique, nous sécrétions des déboisements organiques en devenant cassants, vieillissants, fantomatiques comme les choses. Oulan-Bator avait été croisé avec des boites de conserve amazoniennes et nous serpentions vers Oulan-Bator en passant sous les fortifications entortillées des Saules-Pleureurs…
Autrefois encore l’haletante inconnue du vide collectait le sang menstruel de nos héroïnes de mangas.
