Poésie surréaliste NotesMat15

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Pétales arrachés, toison pubienne et bonne raclée !

Quelques pétales de ciel blanc atomisés, pommadés, arrachés tombaient en pluie ou par saccades sur sa toison pubienne ; ainsi le pouvoir et l’argent ne permettait rien d’autre que de se proclamer artiste indépendant et de peindre cette fresque se déroulant dans la chambre de la Joconde ; quelques pétales de ciel blanc arrachés s’autosuggestionnaient dans ses pupilles sans que je trouve le temps de l’imaginer dans une tauromachie car comme tous les pantins de mon espèce n’espérant rien d’autre qu’un désert de cendres à la place des univers semés d’illusoires oasis frelatées et de souvenirs nécrosés, j’avais un intense désir destructeur. Mais je ne partirais pas seul avec mes victimes, à ce Cardinal je lui filerais une bonne raclée sous l’arbre des pendus qui ployait sous son poids.

Des animaux nocturnes, aux vibrations radioactives, sautillant en dehors de mon écran d’ordinateur, leur ruée s’immobilisant un instant pour nous. Et immobilisés étaient aussi ces morves d’azur et ce soleil sanglant qu’on pouvait voir darder aux portes de l’Enfer ou au sommet des gigantesques buildings bancaires ; des toisons pubiennes encrêpaient toujours la robe du Cardinal, plus loin des archipels sidéraux où des raclées à gogo aux épaules solidement bâties ne rendaient rien d’autre, à la fin, que des pierres fatiguées, romanes : les ruines de son Église.

Affichant avec insolence leur opulence de marbre blanc et de pierre de taille, il y avait parmi ces pierres abandonnés, d’après le vieil adage du Cardinal, ces arcades et ces Vitraux représentant d’immaculées têtes coupées et des déluges de nombrils, de pénis, de pieds, de bec-de-lièvre ; peut-être que ces singes vêtus de jeans sans poche et troués à la mode Grunge, en étaient responsables, ils gardaient ainsi l’entrée du monument, assis paisiblement en tailleur, prêts à décharger leurs armes même sur cette foule bruyante et bigarrée de peintres que le Cardinal avait ameuté, attisant leur désir sexuel. Car le sexe de la sulfureuse Lilith était toujours autant convoité par les écoles impressionnistes ; leurs puissances omnipotentes et omniscientes tenaient entre leurs étaux son âme aux allures évanescentes de fantômes, d’automates alchimiques ou de cyborgs mécaniques.

Bientôt perpétuée à la façon d’un Jack l’éventreur, la cadence meurtrière et rapprochée de ses crimes, qui dans le ciel finissaient par s’évanouir, suivrait les courbes des statistiques de la bourse de Wall Street, cette caverne aux stalagmites métalliques, lourdes de sentiments pornographiques ! nous avions mal – c’était viscéral – les anneaux de Saturne velus à leurs bords nous raccourcissaient les pattes… des scénarios pas très folichons à suivre.

Pétales arrachés, toison pubienne et bonne raclée : la suite à lire prochainement !