Poésie surréaliste NotesMat15

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Les larmes de Cornélius

Les larmes de Cornélius en tombant sur le sol formaient un tapis duveteux, entraînant quelques années auparavant à leurs suites les serpentins de leurs braies, de leurs cottes de maille en lambeaux, leurs bandages de momie piratée, hackée ou de simples poètes inconnus.
Des poignées ou des brouettés de poètes inconnus, fascinants comme aiguillonnés par les cris des sauvages locaux chaque fois qu’elles hésitaient à continuer la route, en dorant le sol natté de ma chambre, s’avachissaient aussi sur mes chaussures noires : des informations qui étaient purement numériques pour la géosphère des ténèbres, en s’enfonçant toujours plus loin dans leurs matrices chiffrées excessivement à l’excès. Ce bestiaire féroce au fond des égouts.
Et la vie qui fourmillait sous la surface avait annulé de façon anarchique toutes formes de pensées, ainsi que leurs substances : le grand courant s’accouplant avec des extraits du Livre des Morts, le grand courant pullulant de tous ces têtards dans la flaque lacrymale de Cornélius.

Le Livre des Morts avait tenté d’expliquer à tout un tas de générations avides de sens l’existence, ses formalités spirituelles ; comment accéder aussi au Nirvana par l’usage des drogues… Cependant, seules les larmes de Cornélius paraissaient convenir pour comprendre les commencements et leur fin.