Poésie surréaliste NotesMat15

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Des projets de Chandeleur pour les Alligators !

Tombant en pluie sur sa tête échauffée, dans la hutte, les émissions radiophoniques graveleuses dessinaient la séduisante composition spirituelle du monde amibien d’Aristote, assouplissaient aussi des rames d’alligators en folie.
En s’acoquinant à plusieurs centaines de mètres sous terre dans l’obscurité doucement, torturés par leur égarement et gangrenant tous les bas-fonds des moulins à vent, stratifiés horizontalement et enflés comme des palmes sur deux ou trois étages, ces alligators tourmentaient ce vieux Aristote.
En se limitant au chaos de tous les Esprits, ces émissions radiophoniques commençaient toutes par un hommage aux fricatives et aux gazouillis de l’orgue électrique de Cassandre, se nourrissant du sang froid, avide de cette femme indienne.
Dans ce contexte, tombant dans l’escarcelle des bottes de sept lieues déchues de leurs fonctions, en essayant une séquence de bouts amovibles, baroques d’indications occultes, Aristote dactylographiait des Projets de Chandeleur pour ses alligators. Sans jamais restreindre leur rêve sans borne, fumé au sapin vert, cahotant de nouveaux chambardements, de sa machine à écrire avait giclé une feuille où l’on pouvait lire :
« Au point d’impact, croassant comme ces forces spirituelles qui se renforcent carnage après carnage, gargouillant efficacement dans ma hutte, ces émissions radiophoniques m’ont ôté une épine douloureuse du doigt de pied. »

Mais une nuit les vautours vinrent débarrasser la carcasse d’Aristote et les alligators semblaient alors dardés de cercles immenses.