Poésie surréaliste NotesMat15

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Entre-temps… Brusquement, Et ensuite !

La fille de Corto Maltese, croisait et recroisait ses jambes et je m’abstenais à grande peine de regarder ce qu’elle offrait entre ses cuisses : Entre-temps… Brusquement, Et ensuite !

Dans mon récit, il y avait une cave avec une seule ouverture sur le monde extérieur. La Fosse Noire.
Et des barreaux qui empêchaient de s’échapper depuis cette ouverture. Elle ne laissait passer la lumière du jour que faiblement. Et au fond de la fosse noire l’obscurité.
Et toujours au fond un homme (était-ce vraiment un homme) qui travaillait la nuit je-ne-sais-quoi… Et dormait le jour, quand la neige tombait sur la ville. Sa fabrique, c’était la fosse noire.
Il était toujours là. Vautré sur un lit aux draps souillés, les clopes et la bouteille de Jack Daniels planquée dans un coin. Du vomi et du grunge sur le papier machine, et un bric-à-brac kafkaïen, alors seul maître des lieux…

Ce fut d’abord ainsi que je découvris son existence : il m’avait ordonné de le suivre, de là on voyait mieux… En haut de la butte, la mort des Derniers Empereurs grinçait en couinant et en se balançant aux branches de l’arbre aux pendus.
Puis tout redevint silencieux, ce rêve en puissance qu’il avait projeté à l’intérieur comme à l’extérieur de nos têtes fiévreuses était à présent bien trop loin. L’Empereur avait prospéré sur un monde en ruines laissant la fille de Corto Maltese m’entraîner dans sa danse.

Toutefois, après de rudes épreuves en silence, la solitude : des chaînes de givre, des tableaux de famille que je refusais jadis de regarder, des questionnements édulcorés qui embaumèrent les lèvres de cette Déesse de Cythère !