Poésie surréaliste NotesMat15

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Le comptoir en ivoire

En traînant sur le comptoir en ivoire comme la photosynthèse d’un jaune d’or très pâli fouillant une anémone de mer, le thé au jasmin qui s’infuse, qui pénètre les narines, qui ressemble à la peine ou à une phobie quelconque. Puis le café du Kenya qui laisse perplexe, qui déborde, ou qui engage une conversation avec Dieu.

Il y a toujours ce vent qui balaye la pluie sur l’herbe jaune des nazis et toujours cette anémone de mer qui, à la manière d’une araignée, fait sa toile au plafond ; traînant aussi sur le comptoir en ivoire, des pâtisseries lactées pour vieillir pessimiste, pour faire monter l’arôme de ces gouttes de pluie sans tain, pour se frayer un chemin parmi les vieilles lanternes qui se réchauffent comme elles peuvent, qui s’allument le soir. La fragilité de l’existence tient dans leurs larves jaunâtres.