Les pensées répétitives commençaient à s’affoler dans le sanctuaire où l’on s’était réuni pour prier. Et, par leur incontrôlable utopie à réaliser, elles avançaient l’heure du sommeil en variant toutefois l’espace de notre mental qui n’était point encore distrait par l’arrivée de Yoda et Vador.
L’intervention du rêve infaillible, sans obstacle, avec, dans le voisinage, déjà des animaux nocturnes.
Il y avait dans ce monde onirique, parmi les slogans scandés par les manifestants dans la rue, le coup de téléphone de Cora pour une énième tentative perdu, pourtant porteur d’un message stratégique.
La rue ? Le tumulte des protestations pour interrompre le calme, la plénitude de ce rêve commun jusqu’à ce que ces hommes arrêtent leur jacassement gênant.
Un tumulte qui entraînait même la chute du plâtre de notre plafond et engendrait l’émiettement de la voûte au-dessus de nous.
Comme chaque matin leurs essaims obscurantistes se consacraient à gueuler aux mégaphone leur mécontentement ; un marasme qu’on ne pouvait mettre à bout sans pacifier la zone.
Puis, de guerre lasse, ils laissèrent place aux odes du silence, à l’obscurité aussi qui était enfin le seul moment métaphysique pour persécuter nos victimes.
Des corps roués, des sacrifices peu expressifs mais avec tant de déchirement de tambour qu’on entendait depuis la vallée et jusqu’au refuge alpestre de Cora des hurlements terrifiants.
Cora, qui n’était autre qu’une courtisane, se déshabillait de ses dessous affriolants en libérant un souffle à l’eucalyptus dans sa cavité humide et verdâtre. D’autres plantes grimpantes se matérialisaient aussi suite à ses pratiques occultes ; au loin la sinuosité des vagues de la mer venait broyer les vaisseaux de commerce et se joindre aux forces éternelles de sa jeunesse à vendre.
Il y avait, parmi ses clients, des soldats qui venaient de la sentinelle des anciennes seigneuries mais aussi des classes scolaires qui, le jour, apprenaient les termes techniques de la philosophie. Et la nuit leur formalité spirituelle avec Cora.
Et, comme sépulture, leur finitude resterait dans la fange ou dans les représentations d’un dessin sinistre d’enfant.