Poésie surréaliste NotesMat15

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La Face B de Pat Benatar

Un système de fils électriques et organiques, après le sac des rivières feuillues, en ruisselant alphabétiquement, siphonnait leurs gueules de vide-ordure ; des parfums montaient au ciel comme des serpents cosmiques en remplaçant la face B de Pat Benatar. Cette face B de Pat Benatar en tombant sur le béton des stations de ski alpin devenait notre décor vénitien en fin de saison.

J’avais installé à Venise mon observatoire en lançant une restauration fantasmagorique dans une coupe de sycomore : langoureusement elle avait le souffle haletant du voleur en cavale, après s’être chauffé au contact de cette encyclopédie de carnavaliers en liesse.

La face B de Pat Benatar léchait toujours l’intelligence émotionnelle de nos tasses à café, fervemment liée chevilles aux corps, comme empaillée par le cri obscur et rouge d’une forêt de sapin. Elles se déversaient, en initiatives confuses, ces notes de musique que la face B crachait, comme arrachées et enlevées par un autre substitut davantage fiévreux, en dévoilant une impression de cathédrale.

Dans le miroir ovale fixé au vieux bureau de chêne, j’avais mon reflet et mon image qui jouait de l’ocarina ; ocarina qui envoyait des réponses inadaptées étreignant la largeur comme la longueur, le fond comme la surface de sa mémoire, tandis que Béryl, dans un grand cahier, dessinait des silhouettes presque sanguines, espacées et surchauffées d’excitation, de ferveur sanglante comme des îles pourpres, pour interroger les auspices.

La face B de Pat Benatar était une écervelée qui rasait avec des baguettes en hickory et les silhouettes de craie et de fusain regardaient faire en séchant au soleil marinier.