Poésie surréaliste NotesMat15

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Les pieuses caractéristiques du sang qui gicle à New-York !

Le sang, en giclant sur le trottoir où se démènent les pigeons comme Wagner ou comme une pluie rouge, funèbre qu’emporte le vent, a ces caractéristiques pieuses d’une orgie rouge. Et rouge est le prolongement ou la pléthore des froids qu’emporte le vent glacial du Nord.

Au Nord aussi, avec des poissons qui font trempette dans le sang et au sud, comme un poids, je fais la poulie et dans la valve qu’emporte le tonnage de l’ordinateur, le sang et ses poisons remontant les poignets giclent comme un canard barbotant dans la boue ; l’un de ces poisons perce la valve qui ressemble à un mauvais thriller et me fait penser que les poètes sont tous vulnérables et ne sont aussi que les piliers des thrilleurs cinématographiques qui les dépassent… et, dans ma tête, il lance à nouveau des corn-flakes et des strass, ce prestidigitateur à New-York où le sang gicle comme un onze septembre ou comme un paiement cash en triant les valseuses et la tisane au tilleul dans la valve.

En hissant les crocs des phénomènes qui auront lieu et du froid engourdissant, je mets les gens valides au milieu de la valve et le valet dans l’ordinateur, le sang gicle comme la pauvre poupée qui veut ou qui ne veut pas, et qui sera bientôt mise en morceaux en trinquant à la santé du timonier. Le sang gicle et sécrète des enfants scolarisés qui pleurent, et le timonier dans la vague, après une leçon d’anglais, fait gicler le sang au prétérit, comme l’Église qui profane son prolongement mathématique en acclamant les vainqueurs de la guerre du golfe sur la cinquième avenue à New-York.

Comme un stage cinématographique, le sang gicle avec mon coeur et avec ma bouche et me dit de n’emplir ma main qu’à moitié, je porte mes valises jusqu’à l’hôtel et l’ordinateur tinte joyeusement et délicatement. Le long des krachs existentiels, le sang gicle par strates comme on se borne à ses petits désirs : un tube sauvegardant la valve et le thriller se tord de douleur ; comme on laisse sur la table une bonbonnière fécondée par écoulement nasal, je traque les vampires sur le trapèze avec les gens trapus !