Chaque jour, les feuilles tombaient sans aucun souffle, les feuilles tombaient en entourant de plantes marines en putréfaction ce bloc de rocher où nous étions réfugié. Le vacarme des vagues avait été décrit dans un grand cahier d’écolier, jadis, et à présent au plus près de l’écume, on sentait le vent glacial du Nord avec ses narcotiques sanguins, sa puissance espacée et surchauffée d’excitation, de ferveur sanglante…
Et agrippés aux rochers de ces îles silencieuses où nous interrogions les auspices : nous courions un grand risque en modifiant les paramètres de notre iPhone que nous possédions depuis peu, depuis la razzia des ondoiements écervelés que les plantes marines, en tombant encore davantage au fond de ce tumulte aromatisé au carbone, avaient fait naître à l’aide de magie occulte, de gris-gris africain maudit ou encore de brouet de sorcellerie…
Cependant rien ne pouvait nous arrêter : pour le journal quotidien, on prenait des photographies en noir et blanc ; objectivement ces photographies représentaient la délicate confusion boisée du café qu’on avait fini ce matin à l’aube.
Les paramètres de l’iPhone, aussitôt mixés avec nos instruments exosomatiques, se partageaient les architectures tarabiscotées, alchimiques, spirituelles d’un disque dur jadis classant chronologiquement à la manière d’une timeline nos appels téléphoniques selon leurs impuretés !
Des appels téléphoniques comme des étranglements de craie et de fusain séchant au soleil demeuré ; et un classement parmi ces créatures végétales parcourant des kilomètres, défoncées à la colle ou à l’éthanol : des drogues qui, sous la mousse de ces rochers révoltés, viendront verdir notre maître spirituel (Maître Yoda) et sa clique de baba cool herculéen.
