La fin ! Ce ne pouvait être que la fin s’accrochant jusqu’au moindre recoin épiphanique tout en s’égarant dans les disques durs des computers ; l’unique fin que j’apprivoisais silencieusement et qui embarrassait tous les synopsis positifs racontant que Sam, l’alter-égo de Satan, décrocherait par sa magnifique complexité et par son commerce de l’esprit, le box-office américain ou européen finissant dans les poches des quartiers de la finance…
Et parmi les ordures qui ici et là s’écoulaient dans les égouts transmettant et amplifiant par télépathie des séquences d’images sur ordinateur, la fin brodait des parallèles sur le tissu tendu, effrayant des angoisses sales pour faire entrer dans ce grand bureau de Washington l’idée folle de la récession.
Et de boyaux souterrains en boyaux intestinaux, ces parallèles, qu’un écrivain entremêlait avec ses histoires, disposaient leur finitude au gré des courants, des méandres maudits que la fin du monde exorcisait et qui, en se dissipant, éclairaient les mécanismes perturbateurs et la paranormale activité des pensées troubles de nos cerveaux encore endormis.
La fin du monde ? Sous un ciel de jade qui devenait noir et qui attisait les forces, en espérant quand même calmer un peu le jeu, elle avait, en commandant à coup de poings, du fil à retordre, avec leurs avortons qui se couchaient entre les lignes de toutes les pages d’un manuscrit… un authentique travail de sape kafkaïen !
Contournant les données métaphysiques et virtuelles d’une jeune mais déjà légendaire nation démocratique, le disque dur qui avait fait naître de vieux films en accéléré, issus de la guerre du Kippour, émigrait virtuellement avant de connaître une fin atroce. Une fin sans paramètres mais avec la satiété des bestiaires méchamment aiguillonnés par des cathédrales, alors seul souvenir du temps des Hommes, mais gentiment réapparus lorsqu’on vida les entrailles, les poinçons et les architectures de ces diaboliques vautours !
