Tout d’abord, sur une île qu’on finira bien par retrouver un jour, ce refuge devient une large péninsule. Une péninsule bouddhiste où s’ébat le sang dans les veines des misérables pêcheurs, leurs crânes branchés sur un circuit électriques en manque de puissance.
Mais leur force réside, quand les bottes et les ombres des singes font du foin et glissent sous la peinture de ces pavés installés à l’entrée des temples, dans cet aura de lumière prêchée par l’armée des singes. Et ce qu’on peur relever, en tant qu’écrivain ou poète, ou poète et écrivain à tour de rôle, sur leur passage, c’est qu’une personnalité résiliente est à leur tête. Dessinée sur le gravier, pincée par des ongles stridents comme sur un tableau noir, une assiette sacrée où brûle la représentation flottante de leur monde, limité à cette île et qui n’est rien d’autre qu’une gardienne, à la fois amante et déesse, vêlant de douces nuits agitées…
Pour une fois, ce territoire inconnu se risque à vivre une vie immobile, inspirée des plantes et des fleurs, de l’univers végétatif en embuscade lorsque les prodiges, nés dans les laboratoires du continent au loin et en feu, franchissent une nouvelle étape pour décrire la langoureuse monstruosité de ces chimpanzés : la longue liste de ces cobayes qui ne représentent que des truands, imprimée et scellée dans les archives des laborantins, suivie par la longue description des petites annonces parues ce matin ; alors frémissent les vastes ténèbres, et se réalise enfin l’avilissement du corps et de l’esprit.
