À Londres ou à Rio de Janeiro, tout d’abord, la vastitude des phosphorescentes matières grises sur leur échiquier tombant en poussière ; une douleur supplémentaire dans la poitrine lorsque nous découvrons notre propriété de Santa Barbara en Californie abandonnée, parmi ces rectangles quadrillés et leur poison en vente sur leurs cases libres de toutes spéculations boursières hasardeuses ou polarisées…
Le phosphore chantant sur les échiquiers de Londres et de Rio de Janeiro, la fournaise devient plus pénible à vivre, vaseuse comme notre vessie pleine de mathématiques et de lait des Grands Yacks jusqu’à ce qu’elle redescende de cette drogue étrange qui pourrait plaire aux êtres chapeautés du dix-neuvième siècle. Et, traversant à bord de frêles esquifs le vacarme et le fracas des rames et des bateaux de plaisance s’entrecroisant, nous dépassons les cases noires inondées et leurs spectres qui nous harcèlent, perpétuant à l’infini les problèmes en question de tous les voyageurs.
Dans une autre chambre donnant également sur des jardins nés au milieu des communes stations de métro, ces personnages redoutent ces fantômes en espérant toujours que quelqu’un va leur donner un coup de main pour résoudre leur problème de mutisme avec les autres. Leur problème ? En partie à cause de ces hommes à tête de corbeau, en costume de ville usé et trempé, qui arpentent, de cases blanches en littoral abîmé par la sécheresse et littéralement malmené dans les ordures courantes, les champs de phosphore aux arrières-goûts de guitare basse.
Posant enfin leur pied marin à terre et marmonnant des mots inaudibles, lancés en pleine poire sur les pistes de fortune qui gisent comme eux dans la pénombre étrange des deux échiquiers d’où s’échappe la fameuse mélodie. Ils ignorent royalement l’armée des alligators adultes, en faction aigre, postés à leurs côtés à l’entrée des deux échiquiers : celui de Londres pour les longs plaidoyers lorsque les flammes, immobiles comme de fidèles chiens de garde, de la cheminée l’illumine et celui de Rio de Janeiro où les ombres fascinantes de leurs mercenaires calment l’ardeur pointue du Grand Architecte… ici et là, à Londres comme à Rio de Janeiro, cette ardeur dans un dédale de rues et d’avenues se noie enfin et se transforme en mare poisseuse de whisky !