En Asie à Bangkok où les dieux de l’écriture automatique du Cameroun accueillaient ce jour de nef centrale et saupoudraient, de leurs cendres divines, ces paysages compulsés comme des archives, comme d’indémodables ballerines. Ce fut d’abord comme un road trip que cette jeune, virtuelle mais déjà légendaire nation démocratique n’arrivait pas à terminer… ce qui activait dans nos lobes cérébraux la désuétude de l’avion Airbus, avec son marsupial moteur, avec la même lenteur que notre Jaguar, c’était tout simplement le ronronnement de ses moteurs et leurs mécanismes perturbateurs dans nos cerveaux.
Et tandis que j’enfonçais ce morceau de fusain dans le culot de ma pipe bourré à large coup de pouce, après bien des tours de garde comme nous étions en danger à mon avis, il n’y avait plus que ces données métaphysiques sur le tableau de bord de l’Airbus, maculé par notre sang et par les kyrielles d’idées folles de ces spectres ; en Asie peut-être à Bangkok ou en Afrique sûrement au Cameroun quand il n’était plus qu’un souvenir ou une série de photos floues, en noir et blanc représentant des verres de rhum bus d’un trait, l’atterrissage de cet aéronef nous avait sauvé la vie.
Et de la vie pulsait dans ses moteurs vivifiés par ce jour d’épiphanies et de Manifestes aux idées noires, cependant distillées en parfums médicamenteux pour sortir de cette trop longue dépression… et ainsi, en courant sur le comptoir en ivoire avec des nymphes lancinantes, d’autres représentations comme cette mer Méditerranée sanguine photographiée depuis le ponton vaguement informatisé de la fosse noire, accouchaient dans nos enveloppes vides.
Il y avait sur cette piste d’atterrissage des lianes et encore des lianes, car nous étions à cette heure tous couchés dans la matrice de toutes ces jungles qu’elles avaient piraté sans l’aide de machines sophistiquées, ces nymphettes couchant sur le papier des dessins représentant les statistiques des bénéfices ainsi que la valeur des actions boursières de toutes les multinationales de l’automobile… C’était donc avant tout artisanal !
Mais comment expliquer cet énigmatique prodige ?