Poésie surréaliste NotesMat15

• •

En attendant demain…

La joie d’en finir et le trou noir, aux courants d’air glacé, aux battements de cœur conjoint, et des intraveineuses qui révèlent des fontaines sanguines, dessinées avec les mains des bouddhas sans parvenir à la définir cette excitation sexuelle…

Ces désirs sans fins, aux intentions absurdes, qui s’apprêtent à gâcher un quotidien vulgaire, ils ont envahis jadis mon cœur lorsque je parcourais seul les plaines arctiques ou antarticques ; des désirs comme des lames tranchantes mais qui ne peuvent couper que du papier, sous une lune livide et lexicale qui descend jusqu’aux grands cèdres eux-aussi désincarnés comme ces personnages bouddhistes.

Et inlassablement le jour qui se lève, et la nuit comme le jour garde son goût amer et suit son cours en attendant patiemment cette journée où tu vas les provoquer ces bouddhas qui ne peuvent suivre le rythme endiablé des nuits de ta bien-aimée.

Tout ce qui te sépare et rend impossible une liaison avec elle, cette chose rampante depuis le fond sans fond, a paré maladroitement le lieu, où tu cherches encore une idée pour t’en sortir, perdu dans tes schémas mentaux et les brouillons de ta vie passée, d’une aura singulièrement spirituelle…

Une aura factice cependant qui, en se risquant du côté des montages novateurs, révolutionnaires même, de tes ruminations macabres, vient épancher sa soif de violence, pour commencer. Et qui, de loin, mériterait bien autre chose que cette âme tourmentée, avec ses spéculations superposées pour imiter le vacarme du cosmos.