Sur les grands chemins, des délires rocailleux léchés par des flammes voltigeantes, et, ici et là, des ombres délimitées par la pluie gravitant autour des orbites éblouis, des glapissements de sapins verts tandis que nous roulions en wagon…
À bord, des mondes surréalistes mais aussi dans les terriers où se succèdent les humeurs photographiques, à l’ouest de cette forêt d’où nous apercevions une plate-forme de lancement comme Cap Kennedy… et à l’est des États-Unis où nous nous dirigions en train… peut-être pour New-York, peut-être pour montrer nos vers, nos alexandrins à quelques pieds-noirs qui viennent des pentes et des bois.
Enfin, au Sud et au Nord, sur les arêtes des chapiteaux de tous ces cirques où elles s’étaient échappées, ces créatures glapissantes, les zigzags imaginaires et métaphysiques des torrents fiers et nus, des cieux élargis par la pureté des physiciens tentaient de réconcilier les deux pôles, à présent libres de toute interprétation avant le coup de sifflet du contrôleur.
Il y avait, parmi ces zouaves, dans leurs cerveaux, des idées de bûchers dirigés par de talentueux prestidigitateurs et qui ralentissaient, en léchant précédemment par leurs flammes nostalgiques, leurs silhouettes de craie et de fusain, les pieds de tout ce monde.
Et la locomotive du train, chaude comme un volcan, qui laissait échapper une fumée de la couleur des plus grands vins et de langues aussi bien polysémiques que chimériques… Et chimériques étaient aussi nos vertiges quand nous dessinions des associations, le poids de leurs pénombres qui venaient moutonner les cimes de ces flammes naissantes… et nous les inspirions à travers la fenêtre à moitié ouverte de notre wagon-lit, quand nous repartions à la chasse aux papillons, bercés par les versets politiques des autres voyageurs ou de leurs bêtes mystérieuses…
Tout cela, la veille de notre arrivée, lorsque nous véhiculions des stances clairvoyantes de jeunes filles demeurées.