La verveine taoïste des prestidigitateurs, tout en les brûlant quand elle passait dans nos gosiers, avait vitrifié le temps et ses lois gravitationnelles.
Et elle étalait sa science infuse des courants maritimes où les prestidigitateurs se perdaient… sa science ? Un don d’ubiquité rassurant qui partait, de belles plumes l’aiguisant, d’une idée de bon sens et ainsi tous ces fanatiques racontaient dans tous les canards leurs crémations.
Pour ravir, en fouillant leurs poches, leur mystérieuse imagination, tout en leurs permettant de survivre en territoire hostile, les quintessences de la verveine cherchaient à se réincarner en troubles monétaires et les énigmatiques courbes et statistiques de Wall Street alors livraient leurs poisons aux chercheurs ; les plus prudents parlant en termes de combustions et en tant que moteur thermique, tandis que les imprudents se reposaient entièrement sur leur fonction censée être pacifiste.
Pourtant il y avait, cachée parmi les gamelles de riz pilaf de la cuisine, ces instruments inconnus, d’origine extra-terrestre et tombant en ruine bien que vigoureusement alimentés par des piles alcalines ou chimiques et tout aussi mystérieuses… En les privant de cette énergie, comme ils l’avaient détourné pour faire fonctionner le moteur de leur ordinateur fabriqué par la Main Noire (c’est à dire un groupuscule occulte, en fait) et permettant d’interpréter les aléas de la bourse américaine, ces appareils de haute technologie, qui autrefois étaient vendus dans des boutiques ayant pignon sur rue, avaient cessé d’émettre et avaient été vidés de leurs matrices, lors de notre descente sur les quais de la gare de New-York…
Tant pis. On les retrouverait une prochaine fois à la bibliothèque sous forme de longues descriptions et d’illustrations dignes de l’école de Serpentard dans ces livres vaseux, qu’on croyait avoir mis au pilon. Tandis que les autres lecteurs, leurs casques branchés en bluetooth au Tamagotchi des anciens Iroquois, étudiaient le fonctionnement de leur machine à vapeur rendant l’âme et n’ayant plus toutes ses chances de gagner sur ses concurrents, ses ennemis entretenant des cultures d’organismes génétiquement modifiés et alliés à la puissance photovoltaïque des nouveaux rois du monde.
Le lendemain leur structure génétique était mobile, le territoire s’unifiait, faute de contours, de jambes lourdes ou de cœurs trop gros pour apprendre à dormir.
La chaîne de montage de ces appareils, maillon par maillon, avait son architecture spirituelle qui sautait périlleusement, d’une couleur verte comme les dollars jusqu’aux nuits presque blanches, ourlées de blues oniriques.
Planqué à l’intérieur d’un van et en entendant ou en écoutant le clairvoyant Scentless de Nirvana, j’imaginais alors les conséquences de la guerre du Viêt-Nam puis je m’en désintéressais… je profitais de cette large période de repos en courant un grand risque car j’avais depuis peu modifié les paramètres de mon iPhone qui petit à petit et depuis la razzia des ondoiements écervelés des plantes marines, tombait en désuétude encore davantage au fond de ce tumulte aromatisé au carbone, et ainsi les nouveaux réglages avaient fait naître, à l’aide de magie occulte, des icônes de gris-gris africain maudit ou encore des images sacrées de brouet de sorcellerie…
