La liste des fantasmes comme une sexualité paumée dans le laurier-rose ; et tous ces fantasmes qui brûlent jusqu’à ligoter dans notre cerveau nos désirs impénitents. La liste des fantasmes lourds comme du plomb tout en parcourant l’immense charivari des canalisations et en entrainant tout sur son passage.
La nordique liste des fantasmes pour jouer aux osselets après l’éprouvante vivacité du pastel qui s’échappe involontairement de l’araignée n’étant propre-à-rien. La liste des fantasmes réinventée, synthétique : trop prosaïque pour être énoncée. La liste des fantasmes en noire, ou en gris sidéral, ou descendant en rappel, comme cette destination à atteindre après les longs tunnels d’une expérience de mort imminente, ou comme un voyage alcoolisé en Amérique, ou bien comme une rentrée scolaire qui se déroule dans un suintement pestilentiel, en couinant, en remplissant les canopées de pluies diluviennes, ou bien encore en se rafraîchissant éternellement dans sa robe d’araignée.
La liste des fantasmes comme une description futuriste, enflammée par un monde où seuls les rageurs marteaux-piqueurs existent ! La liste des fantasmes, comme un record à enregistrer et à battre, ou comme un sourire suggestif, un souvenir vivace qui s’épuise à se présenter et à se représenter.
La liste des fantasmes comme un improbable plateau télé surgelé, vieillissant : des fantasmes qui croupissent alors qu’un important élément fonctionnel manque à cette ruisselante liste mnémotechnique ; des listes, qui, avant de former des mots ou des pensées, dissolvent ces histoires trop longues, tranchantes, survoltées.
Des fantasmes sous le manteau, se cachant dans une bibliothèque fermée et obscure ; des fantasmes poudrés, injectés par une seringue : ça doit être à cause d’un électrisant avancement létal afin de soulager tous les formats spirituels. Des listes et des fantasmes scientifiquement noirs et occultes comme un implant dans notre cerveau, ou bien dans cet unique cerveau ratatiné aux cellules grises disjointes.
Enfin une liste de fantasme pour chiffrer le montant et les pertes de toutes les calamités ; calamités que les boules de cristal n’ont pas vu venir, ne nous prévenant que de la naissance d’un monde où les épouvantails doivent crever de rage alors qu’une pluie rouge gicle comme du sang. Les épouvantails ainsi peuvent commencer à courir joyeusement dans la gadoue, malaxant avec leurs pieds de pailles l’esprit malveillant, naissant des marécages, tout en taillant avec leurs mains et leur silex, leurs pières fossilisées, sinistres ; et qui serviront à édifier un temple où d’autres listes pourront dilapider tout ce que les galions espagnols ont ramené : les pièces d’or, le parfum et l’ambre ainsi que le titane d’une noirceur absolue.
