Poésie surréaliste NotesMat15

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La magie noire de Bellatrix Lestrange…

Tout d’abord, en abdiquant pour mieux croupir, le sens de la vie, à haute altitude, touchait le fond rouge sans le recours à ces drogues fumeuses, légales ou illégales selon l’interprétation d’une sorcière comme Bellatrix Lestrange. Et bien sûr, la magie noire dans ses yeux me fascinait autant que cette nymphette invoquée pour m’envoûter…

Un envoûtement, semblable aux dédales des salles où tapinaient toutes les geishas, qui se traduisait par le seule gouffre (la seule issue) le côté obscur de la force : cette force rampante, fouinant les poubelles à l’âge de la survie, du siècle, que dis-je, des millénaires s’écroulant sur son passage de sorcière damnée, m’appelait irrésistiblement, donnait à cette vie si mystérieuse que je menais tambour battant une véritable direction aussi cinématographique qu’irréversible.

Et c’était bien là le désaccord avec les dieux implorés ; des dieux qui étaient entraînés à la dérive, des dieux que le langage de Bellatrix Lestrange laissait dehors, mouillés de pluie ou accablés de chaleur. Qu’elle méprisait et narguait aussi, en brûlant comme un désir d’erreur et de dérision son jeune âge. Et pourtant, ces dieux avaient une authentique utilité car ils aidaient, après maints voyages chamaniques, à progresser spirituellement : ces divinités proposaient en passifs rémunérés des odyssées à la Blair Witch. En effet, l’heureux Ulysse aurait bien aimé, filmé en selfie par sa propre caméra, se perdre lui-aussi dans les forêts ténébreuses que Bellatrix Lestrange avait hérité.

Bellatrix aimait la bagarre, les rivières de sang, les endroits où il ne faut pas traîner ; toutes ces choses étant incompatibles avec la vénération de ces dieux cités plus haut, Bellatrix ou les longues et suicidaires dérives, les tristes histoires qui finissent mal, les râles des agonisants comme seules fricatives avant l’aurore.