Enroulée dans un drap, la mère de Tom Jedusor se dirigeait lentement du côté de la fenêtre de sa chambre d’hôpital, elle venait de prendre conscience de sa solitude, de sa noirceur, de son manque de ténacité.
C’était parfait pour commencer un trip, un long voyage psychédélique se terminant en impasses désorientées à travers le temps, la nuit qui restait accrochée aux rideaux de la chambre par trop de vacillants et farfelus kilomètres de vers ; ainsi comme une apparition fantomatique aussitôt disparue puis apparue à nouveau, elle allait traîner dans les rues de New-York, les méandres étranges de son cerveau brassant de l’air sans chaleur car c’était, d’un froid de canard jusqu’à la douce arrivée qui n’était pas fixée, le gémissement de son nouveau-né qui la contrariait ou ces désirs d’erreur et de perdition qui sécrétaient les multiples chemins sans but.
Des chemins qui s’arrêtaient tous au début de cette vallée que je tentais de décrire en matant les résidus de son ombrelle qui pendaient en lambeaux. Et des lambeaux de cet horizon rouge, en pluie tombant tous les jours, étaient déchirés par cette somnambule qui se cachait à présent pour ne pas voir son horrible conception…
Je l’attendais à l’orée d’un bois escarpé, avec cette idée que tout pouvait vaciller, démarrant d’abord ma pensée avec le tracé subtil des présages, des prophéties mal cicatrisées… ces présages ? C’était bien là le seul problème, on ne pouvait les envisager sans répandre une odeur de cannelle avariée et de sucre roux fermenté et, en clôturant sur une liste d’incantations magiques trouvées dans mon carnet de moleskine, les cieux ou les dieux n’étaient pas favorables à leur révélation.