Poésie surréaliste NotesMat15

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Le pouvoir imaginaire des noces d’orfèvres à San Francisco

Tout d’abord, au fin fond de cette noirceur qui en décrivait des scénarios morbides pour ces noces d’orfèvres, ou dans les encyclopédies aux illustrations grouillantes de gnomes, j’avais entrevu la lumière ; cette lumière qui me blessait les yeux et saturait de son parfum comme un chocolat chaud le ciel bleu que mon père avait rehaussé de points d’exclamation enfiévrés.

Des noces d’orfèvres qui se terminaient par la vision d’un porche : les portes de l’Enfer donnant sur les espaces vides et les wagons de charbon ; pour annihiler ces croyances en l’imagination toute puissante, je devais retrouver leur maléfice… des arrières-pensées qui corrigeaient, à mesure que le lecteur avançait en tournant leurs pages, la froide féminité du maître des passerelles planqué dans un silo de stockage !

Une féminité adolescente qui accueillait toutes ses définitions (le maître des passerelles héritant d’une garde-robe tissée dans les champs d’iris) et une imagination débordante qui vivait avec économie pour plus tard, on ne sait jamais, chevaucher le dragon dans ce fief paumé du maître des passerelles ; et ainsi, de près comme de loin, à une vitesse follement déliée, les hélices des hélicoptères se transformeraient en moulins à paroles…

Juché sur un très haut rocher, on pouvait pressentir, comme le maître des passerelles l’avait prédit dans ces encyclopédies qui ensemençaient des parures pornographiques pour femmes lépreuses, les fulgurances de son pouvoir imaginaire.

Et comme cette nuit qui ravivait cette pansée singulière, en lui offrant de l’air dans ses branchies, sommeillaient les nouveaux Eldorados centrés sur le pouvoir de l’imagination de ce seul notable dans ces villes désertes comme par exemple San Francisco…

Car à San Francisco comme ailleurs, la pansée, que le maître des passerelles avait créé, n’était pour ces illustrations qu’un repère spatio-temporel et qui ne représentait rien, en dédoublant communément par sa tragédie de malandrins les fondements financiers du château où restait cloîtré cet envoûteur.

Et pour des prétextes précieusement électrostatiques et par coup de poing assommant comme la chaleur de ce lieu mystique où se reposaient des dieux troussés jusqu’aux gamètes, le pouvoir de son imagination grandissait en force surnaturelle, construisant et détruisant la pansée à tour de rôle ; aussitôt disparue, des forains l’avait récupéré à leur compte pour redéfinir leurs vies, pour devenir des hommes d’affaires impitoyables, toujours propres comme des sous neufs…

Mais réapparaissant pendant ce troisième millénaire, l’imagination de cet étrange personnage finissait malgré tout par s’éteindre quand les pénombres de l’hiver ravitaillent en unité énergétique les papillons miteux qu’elle avait elle-même conçu sur papier de moleskine.