Poésie surréaliste NotesMat15

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Des matrices et des marquises

Sur l’écran de l’ordinateur, il y avait une timeline défilante de matrices binaires, une timeline cachée parmi les raccourcis claviers de cette étrange machine, qui dirigeait sur des sites, dissidents, aux processeurs crocodiliens. Ensuite, en admirant les fêlures du béton du mur d’en face, il y avait cette femme qui sortait, de la poche de son manteau, une enveloppe pleine de photos en noirs et blancs ou cramoisis. Des photos évoquant une scène classée X, baignée dans une douce et diffuse lumière crépusculaire, avec un cadavre, étendu au sol, pour avoir tenté de remplacer la photosynthèse des électrons cryptée par la timeline par des tweets macro-organiques.

Il y avait aussi, dans cette chambre d’hôtel, des miroirs réfléchissant des femmes aux décolletés plongeants qui ne parlaient qu’en onomatopées, avec cet air divin, propre aux marquises de leur genre. Dans la pièce aussi, posés sur une table, il y avait des écouteurs qui autorisaient le décollage d’une fusée de la NASA, et, dehors, dans les ténèbres, des cyborgs aux organes projetant des émissions huileuses.
Pour couronner le tout, au dehors, des manifestations de foules courroucées éclataient en laissant sur l’asphalte les spectres des révoltes à venir ; pour les apaiser les dieux sanguins jetaient leurs poudres de perlimpinpin dans une grande bassine : la Pensine avait bien du mal à les contenir !