Au prétérit, elles marchaient toutes seules mes baskets qu’au prétérit aussi je venais d’acquérir ; et presque aussi loin, d’autant plus loin que la courbe des champs d’iris portait la chaleur du bûcher, ils étaient ma seule piste de décollage et c’était le pied !
L’odeur du bûcher et de mes baskets neuves, afin qu’on sente pour la première fois sur ce littoral côtier d’autres parfums de pythons noirs, cette odeur je m’en souvenais comme si il s’agissait du cadavre d’un cosmonaute atterri là par hasard. Mon cadavre que le jeu de la boisson et du haschisch avait rendu inerte.
Des mollusques un peu salauds, avec l’aide de filles à la Rubens malheureusement corrompues pour des diadèmes d’argent payés comptant à mes frais, s’étaient greffés à ma moelle épinière. Ce qui ne pouvait pas m’empêcher de plonger dans les rêves sales des autres, même la jeune fille avait été contaminé… et même mon entourage, en restant pendus en permanence à mes sornettes et à mes baskets, ne pouvait me dévier de ces trajectoires que la force obscure protégeait.
Ces sornettes déprimantes ne pouvaient que me restreindre à rester dans leur sillage, et pour ce cosmonaute ou cette jeune fille zélée ils voyaient bien qu’il n’y avait pas l’once d’un résultat quand je leur prédisais que envers et contre tout je vendrai le lyrisme de leurs fourrures d’hermine… fourrures que j’avais volé pour passer du bon temps avec ses filles, tout cela ajoutait un caractère triste en chagrinant même les nacelles de montgolfières que je devais prendre pour des voyages imaginaires, inachevés, presque homériques…