Et si tu veux connaître tous les secrets de la matrice, tu devras l’explorer par toi-même, dit-il, quelques pétales de ciel blanc fusionnant avec l’élément le plus proche : la Terre où des millions de hackers comme toi, arrachés à leurs seules préoccupations, sont inhumés avant même d’être guidés par la nuit de l’oracle… L’oracle ?
Frissonnant au milieu de la Place Bellecour comme des ombres, on ne pouvait l’honorer que par des incantations dignes des fils du soleil, que par du Grunge craché des enceintes à plein volume, la musique qui suit n’est autre que Dive de Nirvana ; et si on voulait réinitialiser le système de tous les systèmes il suffisait d’un danseur, d’un seul danseur, pour lui priver de son pouvoir fabuleux de créer les visions incertaines de l’avenir… Et pour parcourir la scène cendreuse de Moonwalk, en privilégiant les jours de paies maigres comme des vaches indiennes, la Matrice instrumentalise même les points de deal. Et tout s’arrête alors sur ce secret qui ne l’est pas vraiment, la révélation alors que nous sommes encore que des gamins…
Avant le redémarrage du système d’exploitation : intervenant dans les chaumières, où Dieu n’existe pas, pour réjouir Monsieur Carnaval, Dragon Ball, les assaillants de Sangoku, ou leurs poupées vaudous, ce système s’interrompt pourtant quand on l’écoute dans le combiné de la seule cabine téléphonique qui n’a pas encore été détruite avec le temps…
En dehors de ses univers commençant leur transe en nous liant pour toujours à la croissance des jacinthes kafkaïennes, il réussit, malgré son hésitation à nous infliger la morsure du soleil, à effacer sa bio signature avant que les aliens ne débarquent. Mais finalement, ce système qui sagement obéit aux contrôleurs des pagodes, est satisfait de son excès de zèle… et de ses paris audacieux.