Poésie surréaliste NotesMat15

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De Bristol à Malawi en passant par Londres et New-York, leurs rêveries ou leurs pierreries

À Bristol mais maladroitement agglomérées aux arrières-goûts des jours de sabbat, elles décrivaient ce que Martin du Gard, ce que ses écrits las et envolés utilisaient pour vendre leurs rumeurs préparant tous les Mexique d’un déferlement de parasites ; en effet dans ces villes comme des mares aux diables, elles avaient une certaine idée de l’élégance impérialiste que ces arrières-goûts sauvages d’équipées ravivaient sur le dos des ichtyosaures extra-terrestres, ces jeunes filles masquées pour un bal à Londres.

Et à Londres avec elles, je rêvais d’oies sauvages et de grandes fenêtres ouvertes sur les mers septentrionales, de mélodie à la Kurt Cobain ou de souvenir fugace mais mémorable ; l’itinéraire, que ces nymphettes développaient en encaissant dans leur méninge les différentes étapes pour parvenir au but, avait lâché sévèrement du lest, redevenait sous contrôle… L’univers prenant le maquis.

Cependant il n’y avait qu’un chemin jusqu’à la ville sainte. Mais, avec leur univers et leurs vérités cachées dans les livres de John Fante, je préférais m’intéresser à d’autres ouvrages, aux parchemins les plus recherchés de Jack Kerouac en les découpant sans me préoccuper du message et de cette horloge accrochée au plafond. Pour un rien étrange.

À Edimbourg, dans un meublé, avec un jeu éducatif et son manuel se déclarant comme un manifeste pour explorer la fange, je prenais soudain conscience qu’il y avait des foules d’ennemis… Et parmi eux une jeune femme nue, qui s’empressait de chercher sa jarretière dans son panier de fortune, tandis que je me délectais à ses mamelles et déclinais alors les saisons et leur maturité avec des pinceaux les plus vils pour exhaler les miasmes de leurs toiles aux couleurs paradisiaques.

À New-York, dans les ténèbres, perdu parmi les étranges mots-clés et leurs meuglements de rires épileptiques, un restaurant : lorsque je rentrais dans l’établissement, la tension était au maximum, magnifiquement refoulée par la houle dehors comme une bouteille à la mer : des relents sans aucun souffle attisaient alors le pouvoir de l’imagination des clients…

À Singapour, pour m’aérer enfin les poumons, j’étais trop manichéen pour traîner du côté des esquimaux, pour ameuter aussi ces jours de carnaval qui côtoient les marabouts et craignent les dealers de Goran Pritska parce qu’ils ne lui connaissent aucune limite. Avec la complexité des failles informatiques, leur ménagerie avait déjà ratatiné plusieurs cancres sur des mouvements d’humeur dans leur apprentissage du sabre laser. Une ménagerie connaissant bien ce grand crash virtuel que leur mémoire avait révélé en fouillant à fond les poubelles de leurs serveuses dans la remise de leur club et avait aussi dérouillé les videurs.

Leur mémoire ? Goran Pritska, ce novateur, ce révolutionnaire même, bien autrement méritant que ces marchands de thé Pennyroyal, ces coursiers de rêves tarifés, avait greffé, d’une Ruche à l’autre, les principes masculins de ces hommes n’ayant pas réellement vécu à Singapour, n’ayant vraiment pas mesuré l’effet que les corps gras de toutes ces poupées gonflables, placardées sur les emplacements publicitaires, avaient pu faire sur eux alors qu’ils s’adonnaient au reportage comme Thomson avec beaucoup de rhum bu jusqu’à la lie.

Enfin pour faire revenir le martin-pêcheur et ses âmes que la colère ne domine pas, avait germé cette marginalité, cette idée de vendre des racines de gingembre ou de la lessive avariée (alors qu’il s’agit en réalité de viande pourrie de veau) et cette idée, réduite en poudre de plume cellulaire avec un rouet de sorcellerie avait hanté le bord de mer imaginaire que j’utilisais pour faire mon footing… cette sorcellerie ? Communément, entre le Bronx et la cinquième avenue de New-York, elle était pratiquée dans les métros sans fin et sans faim pour réconcilier ces hommes de New-York avec leur morosité impulsive, soudaine et brève comme un dictateur s’octroyant Paris ; une émotion négative, brute et barbare de taureau dans l’arène… Prélude d’un authentique culte barbare se vouant à déloger l’infâme imposteur qui vole à présent au-dessus des matrices des machines et que je représente désormais.

Seulement à Malawi, les plumes de mes ailes allaient tomber comme ces arrières-goûts, givrés par le trop-plein du feu de l’action !