Poésie surréaliste NotesMat15

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Les Paradis brûlés vifs de Verlaine

C’était fini, de remonter les couloirs souterrains, avec comme gardiens aux airs bouddhistes, des pharmaciens candides, des passionnés de taxidermie découvrant une espèce naissante. Rapidement, cette faille qui courait pour Verlaine et sa nef basse se fermant à contre-courant et issue d’une équation à peine résolue jusqu’à son radical, nous liait pour toujours aux jacinthes kafkaïennes : jour de messe, jour de crêpes verglacées comme un désir qui pourrait bien nous requinquer, comme une vérité dissolue dans les méandres d’une digitalisation de ce mois d’octobre… ou comme ces corps de jeunes femmes nues, imaginées pour nous dans ce disque dur qui claironnait sa véridicité enfermée dans toutes les cages aux oiseaux exotiques que Verlaine avait apporté avec lui, revenant des pays chauds qu’il n’avait jamais connu… ou comme des silhouettes d’origine africaine, fusillées comme des rues qui s’étirent.

Ces jeunes filles ? Toutes ces nymphettes en se précipitant le long des paradis de Verlaine et leurs secrets et leurs idées mal définies, expérimentaient à l’orée du bois d’autres existences entre leurs cuisses enfantines réunissant les feuillages des ombres noires autour de nous.

Et pour avoir l’esprit aussi vif que tous ces insectes, pour avoir aussi la verge engorgée de créations informatiques, le paradis de Verlaine tel ce groupe de hussards ameutait aussi d’autres starlettes du porno qui pétrissaient nos testicules, brûlaient nos oreilles-coupées et nos pipes d’opium ! Pour coudre nos paupières, elles mélangeaient, en éventrant la gueule d’un crocodile, une centaine de friandises polaires avec la glose des brins de soleil, avec l’absinthe qu’un monde d’orties rêvait de fréquenter avec les neufs muses… et dans la gueule du crocodile, nous tous dedans, comme nous n’avions pour seul recul que le commandement de notre P.C que d’autres absentes impérieusement éteignaient ; nous tous dedans comme les thématiques de cette cité légendaire menacée d’extinction que Hunter S. Thompson plus tard aborderait, et pourtant hors de portée des rats ou comme coincés entre les deux gencives altérées de ce crocodile calcifié, comme des Extra-terrestres qui enfanteraient des larves de nouveaux textes brûlants (des larves qui évidemment prendraient leur pied dans ces Paradis) que les brins de soleil, maintenant, à cet instant précis, passaient dans cette cafetière à moudre.

Prenant aussi bien leurs temps pour séduire ces jeunes filles qui étonnaient, par leur charme, par leur falaise de lichen, ou par leur respiration fiévreuse, les bandits ne tournant pas rond… et qui planchaient dès le réveil, après le café noir du petit matin, comme Verlaine, sur la poésie de ces nouveaux cieux, prisonniers à l’extrémité nord d’un souterrain que les vérités brûlées vives réchauffaient ; à moins que ce soit la chaleur de son absinthe…