Poésie surréaliste NotesMat15

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Les monnaies de singe…

Pourquoi ce quadrillage que la grande porte des As a commandé en dépensant plus de napoléons que nécessaire ? Et pourquoi par les zooms de leurs caméras on pouvait voir ces lycéennes lire des livres sur grand écran pour un festival Lumière à Lyon ? Peut-être qu’il n’y a de réponse que du côté des bouquins de Stephen King.

Ce quadrillage ? Tous les dieux et leurs baisers nuit noire qu’il faut être con pour prendre pour crédos, glissaient sur ce revêtement, glissaient à tout claquer, glissaient puis retombaient dans les sagacités opaques des fossés où il y avait une limousine qui valait au moins dix balles… cet argent vite dépensé pour des mondes merveilleux et même pas utilisé par ces lycéennes pour acquérir un livre de Stephen King, cette monnaie de singe qu’on méritait bien d’avoir dans les poches avait bel et bien perdu de sa valeur. Sa valeur ? Des foules courroucées de poètes lui attribuaient une somme nulle, pas plus d’un kopeck sous prétexte qu’elle venait des financiers, qu’elle avait été aussi inventée avec les moteurs alezans de ces tires, et donc qu’elle était d’un territoire neuf, sans bavure et sans bavardage alors qu’avec un peu de patience on pouvait la transformer en plomb ou en or en attendant d’acheter le manuel du parfait alchimiste.

Même si il ne restait de leur transaction qu’une seule pièce de monnaie pouvant être misée sur quelques chevaux affligés par ce vent froid d’octobre, les poètes ainsi rachetaient l’ensemble hétéroclite d’un vide-grenier ou le fond luxuriant d’un bouquiniste au teint vert pâle ou encore jusqu’aux objets les plus confortablement estimés d’Emmaüs… luttant à mort pour leur survie, les cours boursiers de ce petit capital à qui on vouait un véritable culte sous Clovis, par le grésillement et le brouillage de quelques boîtes noires des avions supersoniques, avaient quand même réussi à entrer dans les préfaces des livres d’horreur, à se retrouver dans les coffres-forts abandonnés des plus impérialistes et bien entendu les poètes qui avaient tout faux dès le départ sur un banc public regrettaient de l’avoir sous-estimé.