Poésie surréaliste NotesMat15

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Elephant Man Syndrome. Troisième chapitre modifié.

Elephant Man Syndrome. Troisième chapitre.
Le 29/10/2020
par HaiKulysse


Il faudrait toute la sagacité de Gandhi ou de Bouddha pour ne pas avoir une furieuse envie de se loger une balle dans le crâne quand mon Chef m’avait annoncé qu’il faudrait repasser à l’asile : de nouveaux cas, détectés dans cet établissement croulant sous les millénaires, attiraient à présent l’attention des médias.
Et ce fut ainsi, sous la Lune livide, que je débarquai en pleine nuit dans ce centre psychiatrique pénitentiaire, les gardes poussant laborieusement les portes blindées pour faire rentrer ma Dodge.

Après avoir éteint le moteur, j’allumai une clope on n’y voyait que dalle comme dans le terrier d’Alice aux pays des merveilles psychédéliques, la noirceur de cette nuit prenant la pleine possession de ce lieu, donnant l’impression vaguement sexuelle qu’une actrice X allait surgir du souterrain CL204 où l’on me dirigea avec des airs précautionneux qui me tapaient sur les nerfs…

Une fois dans les méandres de l’HP MDC Brooklyn à New York, je remarquai qu’il y avait, affichées sur tous les murs de l’établissement, la une de tous les journaux : des photos de types déchaînés ou au contraire plongés dans le coma, les jambes arquées et presque tête-bêche avec le reste de leur corps que le parasite filaire avait rendu plus lourd que le plomb, accompagnaient les petites écriture en Time qui alertaient sur cette recrudescence de l’épidémie ayant à nouveau frappé, plus de dix ans avant l’apparition des premiers symptômes : le délire psychopathologique des journalistes américains.

Puis, progressivement au fond d’une salle tout aussi obscure, je découvris la silhouette prostrée de John Fante, enchainé à une chaise rouillée… Il divaguait sur une complainte inaudible, les yeux jaunes et vaseux, et ne se rendit même pas compte de ma présence, de la bave sur toute la face.

Les infirmières me laissèrent seules avec lui pour un entretien qui s’annonçait corsé. On l’avait aperçu en haut du Brooklyn Bridge, prêt à sauter dans la flotte glacée et on l’avait emmené de force ici.

La même fièvre que ce que j’avais vécu, quand dans la rétine des pauvres pucelles je réflétais mon cynisme en temps adolescents, cette même fièvre, que cette nouvelle vague d’épidémie générait en temps de crise, l’agitait de tout son antre cérébral. Les infirmières le forçant à boire outre mesure alors qu’il n’était là que pour grelotter au fond de son lit pendant 48 heures. Mais un genre de transe l’avait saisi lorsque je lui montrais les photos en noir et blanc de cette incision du derme pour extraire une dent de cadavre, ou le parasite filaire que j’avais enfin rejeté en Afrique avec un gourou de dernière zone ; aussi comme lui j’avais déclaré avec violence que j’en avais plus rien à foutre de cette vie de merde… Cependant, j’avais presque écrit ce bouquet de nerfs couchés sur papier alternant entre un épisode pornographique, lessivé mais heureux d’être allé jusqu’au bout, et ces moments où j’étais seul et sûr d’en avoir terminé avec cette névrose fantasmagorique.

Dernière partie :

Un moutonnement noir dans le ciel enduisait de manière tout à fait sournoise les cartes de Poker répandues par terre ; enduit de leurs lissage, elles risquaient fort de faire la quatrième de couverture aux horizons boursiers des journaux américains quand la pluie de l’acide allumait au prétérit et de façon linguistique alors les abîmes hallucinés ; Black-out de la voie lactée : elle vint depuis ses méandres psychédéliques envahir le petit tableau de ballerine que nous représentions, John Fante et moi qui dans la chambre n’ouvrait qu’à l’infirmière et sa petite télévision montée sur roulettes.

Télévision où l’on pouvait suivre des histoires de petites filles, d’écolières retrouvées le cartable sur le dos, un grand sourire en posant leur question idiote.
Son idéal ? Le meilleur terreau psychédélique qui nous fournissait des informations, de quoi cultiver de pommes de terre à même l’écume, que le seul et unique attribut du sujet, c’est à dire moi, attribuait à des pousses de cannabis royal, utilisé pour copier les données de ces satellites, localisés au-dessus du Tibet, et que la musique Grunge avait rendu sourd et prêt à franchir les Portes de l’au-delà… Par malchance ce n’était que l’effet de l’étrange syndrome.

Donc, je me disais, tu es le seul et unique attribut du sujet que cette musique folle n’a pas encore donné des airs de conspirateurs et qu’elle fredonne pendant son rêve ? Peut-être qu’effectivement cette infirmière sauvage s’amourachait d’expression comme suçotement de bleuet taillé dans l’extase synchrone, à la place du géranium conventionnel.

Et le contenu de son futur bol de café lorsqu’elle se réveillera ? Des sensations saccadées de médium, de Grand Shining dont l’expression procurait le style euphorique et qu’un amalgame de distances contrariées, communicatives et presque cauchemardesques reniait au centre des déserts.

Mais les lumières, comme déjà ossifiées par tant de rêveries morbides, au large de New-York, nous ameuraient toujours sur le toit des buildings eux même construit au prétérit, commençaient à dériver, sans rendre ces bribes de zigzags pourtant recherchées ardemment et même sans se douter une seconde qu’elle allait enfin débarquer là où se déployait le languissant et célèbre contre-jour : de l’autre côté de la pipe d’opium où les noires immersions au plus profond de la maladie, se jumellaient avec les photographies instantanées des incisions de derme ; sous notre peau il y avait toujours cette dent de cadavre : voilà où nous en étions…