Tout d’abord, sur une île qu’on finira bien par retrouver un jour, ce refuge devenait à cran et sur les dents une large péninsule. Une péninsule bouddhiste où s’ébattait le sang dans les veines des misérables pêcheurs, leurs crânes branchés sur un circuit électriques en manque de puissance.
Un moutonnement noir dans le ciel enduisait de manière tout à fait sournoise les cartes de Poker répandues par terre sur le sable rococo de cette île ; enduites de leurs lissages, elles risquaient fort de faire la quatrième de couverture aux horizons boursiers des journaux américains quand la pluie de l’acide allumait au prétérit et de façon linguistique alors les abîmes hallucinés ; Black-out de la voie lactée : elle vint depuis ses méandres psychédéliques envahir le petit tableau de ballerine anorexique que nous représentions, John Fante et moi qui toujours échoués sur la plage de sable fin par trop de drogues diverses et variées… nous ne connaissions que cette nymphette à l’air libre et lui laissant de la place pour sa petite télévision montée sur roulettes, entre nous deux, nous percevions toute sa sensualité fausse, sa langueur adolescente dans les vagues yellow submarine…
Télévision où l’on pouvait suivre des histoires de petites filles égorgées par des tueurs en série, d’écolières retrouvées le cartable sur le dos, un grand sourire avec des yeux révulsés en posant leur question idiote : à qui s’adressait ces émissions télévisées alors que seuls leurs meurtiers détenaient la réponse ?
De notre côté, avec l’une de nos hélices le ciel fouillant, nous cherchions à Hautes altitudes le meilleur terreau psychédélique qui nous fournirait des informations, par exemple de quoi cultiver de pommes de terre à même l’écume, que le seul et unique attribut du sujet, c’est à dire moi, attribuait à des pousses de cannabis royal, fumé et utilisé pour copier les données de ces satellites, localisés au-dessus du Tibet, et que la musique Grunge avait rendu sourds et prêts à franchir les Portes de l’au-delà… Par malchance ce n’était que l’effet de cet étrange syndrome.
Donc, je me disais, tu es le seul et unique attribut du sujet que cette musique folle n’a pas encore donné des airs de conspirateurs ; est-ce qu’elle la fredonnait pendant son rêve, la nymphe rebelle à toutes idées de coalition ? Peut-être qu’effectivement cette amazone sauvage s’amourachait en l’entendant d’expression comme suçotement de bleuet taillé dans l’extase synchrone, à la place du géranium conventionnel.
Et le contenu de son futur bol de café lorsqu’elle se réveillera, si jamais elle se réveillait ? Des sensations saccadées de médium, de Grand Shining dont l’expression procurait le style euphorique d’un Hunter S. Thompson et qu’un amalgame de distances contrariées, communicatives et presque cauchemardesques entre les flux et les reflux aigue-marines de ces houles nous hantant, reniait au centre des déserts de cette île vierge, parcourue par de nouveaux Charles Manson…
Mais les lumières, comme déjà ossifiées par tant de rêveries morbides, sur cette île au large de la Thaïlande, nous ameuraient toujours en rêve sur le toit de ses buildings eux même construit au prétérit, et commençaient à dériver, sans rendre ces bribes de zigzags pourtant recherchées ardemment et même sans se douter une seconde qu’elle allaient enfin débarquer là où se déployait le languissant et célèbre contre-jour : de l’autre côté de la pipe d’opium où les noires immersions au plus profond de nos addictions écarlates, se jumellaient avec ces photographies instantanées, quand nous volions très haut dans les cieux, de nos crânes suralimentés par ces hélices ; mais, sous notre peau de cyborgs, il y avait toujours cette dent de cadavre, ou ce fameux parasite filaire : voilà où nous en étions…
