Pour traîner sous l’orage de ces rois sauvages, que le comptoir en ivoire de ces autres Majestés explore dans toute sa photosynthèse, il faut d’abord un jaune d’or très pâli fouillant une anémone de mer.
Puis, comme une recette qui serait presque inconcevable, préparer le thé au jasmin qui s’infuse d’un air à la fois languissant et vivifiant, qui pénètre les narines avec cette vigueur de samouraï, qui ressemble à la peine ou à une phobie quelconque. Ensuite, comme un voyageur chevronné qui en réclamerait toujours plus, moudre le café du Kenya qui laisse perplexe, qui déborde, ou qui engage une conversation avec Dieu.
Malgré tout, il y a toujours ce vent pour balayer la pluie, ou pour donner des idées aux éternels junkies recherchant l’herbe jaune des nazis… enfin il y a toujours cette anémone de mer qui, à la manière d’une araignée, fait sa toile au plafond ; traînant aussi sur le comptoir en ivoire, il reste des pâtisseries lactées pour vieillir pessimiste, pour faire monter l’arôme de ces gouttes de pluie sans tain que Alice au pays des merveilles psychédéliques récupère afin de se frayer un chemin parmi les vieilles lanternes qui se réchauffent comme elles peuvent, qui s’allument, malgré ce dérèglement de tous les sens, le soir. La fragilité de l’existence tient dans leurs larves jaunâtres.
