L’Acropole ? Tout d’abord des représentations inexorables de peinture écaillée couvrant les murs sur trois cent kilomètres : la genèse d’une molécule qui s’est infiltré dans la mémoire de l’humanité…
En les dépoussiérant, ces représentations, des crises de nerf qui grouillent et se remettent d’une longue fièvre : le résultat infectieux, incompréhensible, invraisemblable de l’essai thérapeutique 1.0.8.
L’Acropole. C’est aussi une zone inhospitalière, actuellement réinventée par la scarlatine et la gangrène. Arrivant au Village, en dessous de l’Acropole, respirant encore malgré son état de mort cérébrale, aussi scintillante que galeuse, embarrassante pour les survivants, saturant toujours les communications radiophoniques qui se perdent Là-Haut, la résine polissonne où est conservée la molécule 10-2474 qui possède des vertus ancestrales.
Cette molécule vantée politiquement par les modes étrangères, garde farouchement le secret de sa fabrication sous les paupières closes des patients qui ont muté jusqu’à anéantir leur licence poétique.
Secouant la ligne blanche des néons qui éclairent uniquement les poutres de l’Acropole, cet enchevêtrement de bois, de béton, de corde et d’étages supérieurs au-dessus de leur silo, et même bien au-dessus de leur nappe de grésil bleu (sont-ils bien conscients des risques ?) on peut voir que les « candidats » ont entreposé toutes les reliques informatiques piratées, hackée des années 3060, qui, en flibustant, forment le centre de l’Île.
En empruntant les escaliers extérieurs à moitié en ruine : la paralysie et l’inquiétude, tandis que leur scie se dirige lentement vers ce schéma alchimique d’architectures fantastiques où meurent encore les « contaminés. »
Toujours plus haut : le sacrement de la Papesse, un télescope en verre épais qui se repère de loin. Pour percevoir cette construction supplémentaire ? On émet une liqueur.
A cinq heures du matin, en arpentant les rivages sablonneux où sa fabrication est née, elle dévoile aux « courageux » une série d’hallucinations qui cristallise le clair-obscur de l’Acropole ; il y a aussi, sur l’écran de l’ordinateur qui l’a conçu, des reflets séduisants, mortels.
Pour des noces d’orfèvres, je voudrais rebâtir cette acropole, ce lieu où tout démarre à partir de la lecture d’un éparpillement exotique d’idées provenant sans doute d’une matrice informatique, perdue à Hong-Kong comme leur finalité.
Et tout se termine ici à la fin de ce livre publié par les éditions madrilènes et dont les pages jonchent le sol poussiéreux mais imaginaire de l’Acropole ; ce qui est tout aussi étrange de le trouver ici dans cette bibliothèque de Hong-Kong où cogitent les icebergs déstructurés…
