Poésie surréaliste NotesMat15

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La drogue du Pasteur de Rhode Island


Le vent glacial surajoutait à Providence dans l’état de Rhode Island un air à la Tim Burton, plus précisément dans le North End à Elmhurst. Médusé à l’idée d’enfin atterrir, sans condition préalable, je redoutais cette drogue révolutionnaire autant que la polysémie des mots…

Et elle ne lésinait pas, cette substance alchimique, sur la réclame de ses vertus permettant instantanément de quitter ces lieux maudits. De son pôle cérébral, émergeait le labeur des gens travaillant obstinément aux champs, distillé en suivant les strictes préceptes du guide puritain de la communauté de fermiers, l’intransigeant Pasteur Boyle qui en avait fait maigrir des familles entières de vaches grasses. Aux XVIIIe et XIXe siècles, Elmhurst avait été construite sur d’anciens marécages qui s’étaient inexplicablement asséchés, la poliomyélite contenue dans la psychédélique herbe haute de ces grandes étendues de terres rouges utilisées alors pour l’agriculture. Et elle n’en finissait pas d’inventer des mondes nouveaux, lesquels étaient poliment reconduits ailleurs à cause de leur imagination, aussi fertile que ces riches limons ayant sédimenté au fond des étangs durant des millénaires…