Pour lister le nombre de ces fumeurs qui clopaient devant cette porte donnant sur des étages phénoménaux, la vasomotricité du moteur d’un train ; dans la vase d’un étang échancré par des serveurs informatiques, celle-ci égrainait ces listes en les échangeant contre des portraits robots, comme désorientée par toutes ces femmes qui revenaient d’outre-tombe enfiler leur fourrure d’hermine… Fourrure pour s’ébaudir avec cette femme, la seule survivante et rescapée, dans la neige tout en matant ses accrocs : résultats de ses longues odyssées à travers les forêts de sapins longeant la route qui ressemblait à une équation à une seule inconnue…
Comme elle, en partant de notre havre, on enfourchait nos bécanes et comme elle on allait se saouler chez des amis au cognac ou au mazout… ou à d’autres boissons au goût d’anis ; ce mazout qui avait fait tourner les hélices de nos étranges machines de jadis. Machines dont l’engrenage s’allégeait au fur et à mesure de notre progression, sous le halo des réverbères incohérents.
Il y avait aussi, sur notre chemin, des faubourgs où la femme marchait sur tant de pieds avant de regagner le coffre de notre voiture : le monde allait bientôt riposter, ouvrir sa gueule de vide-ordures et jeter ses doux parfums d’hématomes.
Alors, en éclusant un peu plus et en s’enveloppant énergiquement d’un heaume, nous partions à la guerre et de guerre lasse le bruit du train revenait empoisonner le silence où l’on entendait parfois des sanglots : ici, les indigènes devaient fêter le nouvel an et dans son coin 2021 crevait doucement, sans empressement.
