Poésie surréaliste NotesMat15

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Vasodilatation, bécanes s’écharpant ou faubourgs de femmes sans moralité…

Pour lister le nombre de ces fumeurs qui clopaient devant cette porte donnant sur des étages phénoménaux, la vasomotricité du moteur d’un train ; dans la vase d’un étang échancré par des serveurs informatiques, celle-ci égrainait ces listes en les échangeant contre des portraits robots, comme désorientée par toutes ces femmes qui revenaient d’outre-tombe enfiler leur fourrure d’hermine… Fourrure pour s’ébaudir avec cette femme, la seule survivante et rescapée, dans la neige tout en matant ses accrocs : résultats de ses longues odyssées à travers les forêts de sapins longeant la route qui ressemblait à une équation à une seule inconnue…

Comme elle, en partant de notre havre, on enfourchait nos bécanes et comme elle on allait se saouler chez des amis au cognac ou au mazout… ou à d’autres boissons au goût d’anis ; ce mazout qui avait fait tourner les hélices de nos étranges machines de jadis. Machines dont l’engrenage s’allégeait au fur et à mesure de notre progression, sous le halo des réverbères incohérents.

Il y avait aussi, sur notre chemin, des faubourgs où la femme marchait sur tant de pieds avant de regagner le coffre de notre voiture : le monde allait bientôt riposter, ouvrir sa gueule de vide-ordures et jeter ses doux parfums d’hématomes.

Alors, en éclusant un peu plus et en s’enveloppant énergiquement d’un heaume, nous partions à la guerre et de guerre lasse le bruit du train revenait empoisonner le silence où l’on entendait parfois des sanglots : ici, les indigènes devaient fêter le nouvel an et dans son coin 2021 crevait doucement, sans empressement.