Aristote m’avait ôté une épine douloureuse du doigt de pied en attisant les plus folles, les plus ésotériques recherches jusqu’à parvenir au point de non-perception : le vide des Voyelles ; mais je n’avais toujours pas très bien pigé. Peut-être était-ce une leçon immorale qu’on pouvait retenir de ses comics de huit pages d’autrefois ? Mais peut-être n’était-ce que les effets, les vapeurs de ce pigment brûlé qu’on trouvait dans sa résine ?
Et qui me rendaient successivement ou simultanément confus lorsque j’ouvrais le journal de Kurt Cobain ; car dans cette résine polissonne où était caché la molécule i-2277, ce pigment décanté par une succession de silences dilatés sous tous les angles avait fait fleurir son idée létale… En effet, s’accrochant à la perspicacité d’une mort cérébrale lorsque on la fumait, cette résine que des machines frémissantes avait fabriqué avec soin, ne conduisait qu’à ce stade ultime et Aristote, mû prodigieusement par un sentiment général d’inutilité, en attestait… de son vivant du moins.
Dans tous les azimuts, les inventions d’Aristote avaient la même genèse commune que ce psychotrope : la même histoire qu’on pressentait après un bol de café aussi noir que la nuit ; une sorte d’angoisse où la minime et charbonneuse existence de la résine fabuleuse jouait bien sûr son rôle, à l’origine d’autres inventions ingénieuse comme ce labyrinthe polysémique d’algorithmes chiffrée à l’excès, cette plinthe de la bavure extrême comme principe. La bavure : quelque chose d’authentique afin de créditer ponctuellement la Xbox ou la PlayStation ; et au milieu de ces labyrinthes, je découvrais un fouillis pensif de tractations politiques quand j’allais user ma culotte courte sur les bancs des écoles occultes gaiement teintées par les rayons solaires.
Je sentais toujours les tentacules de l’Alien ou l’esprit de Platon se contracter autour de ma gorge et des muscles de mon visage. Instinctivement, primitivement, leurs molécules étaient devenues miennes ; l’Alien ou l’esprit de Platon : revenant à se caser dans une boite d’allumettes confortablement expansive, il singeait parfaitement les révolutions psychédéliques de cette drogue, comme un suçotement sympathique de bleuet taillé dans la guêpière des crins de chevaux alezans…
Un jour je reviendrais avec leurs têtes à réduire et à afficher en trophée, colportant les idées noires du journal de Kurt Cobain dans une charrette !
