
L’avion Airbus venait de finir son footing au milieu des coraux qu’on ne pouvait voir qu’à la télé et je faisais mes pompes sur les restes du marsupial moteur d’un cargo, c’était toujours comme ça chaque matin, avec la même lascivité que ma Jaguar qui ronronnait à présent tandis que je me tâtais encore à savoir où aller.
Pour me donner de l’inspiration, j’enfonçais ce morceau de fusain dans le culot de ma pipe bourrée à large coup de pouce… et ce fut d’abord un texte sur la Place de Cibeles à Madrid en dix pages alors que le froid dans ma chambre d’hôtel mordait les lattes en envoyant de gros bouillons de lacunes.
À la première page, un film d’horreur très kitsch qui empruntait sa chronologie à une timeline je-m’en-foutiste.
À la page deux, pour désigner un référent, apparaissait l’expression kabyle, incandescente, livide à l’heure la plus froide de la nuit et jusqu’à s’interrompre lors des jeux de hasard, d’une évasion : après les jours de crêpe, la joie tombant en cataractes et reliant entre eux les penseurs par un label collectif.
À la page trois, en se référant au système adverse, une kyrielle d’injures alchimiques. Et, sur le dessin labyrinthique de la page quatre, la représentation du kif qui se fume mélangé à du tabac et qui fit apparaitre les premières hésitations alors que fiévreusement j’écrivais toujours : une alternance de forme et de style étreignant la surface comme le fond qui sera relégué cependant au sein du navigateur chaque fois qu’ils hésitent, ces mécènes inconnus qui m’avaient envoyé ici.
