Je suis un novateur, un révolutionnaire même, bien autrement méritant que ces marchands de thé Pennyroyal, ces coursiers de rêves tarifés, ces corps gras et toutes ces poupées gonflables placardées sur les emplacements publicitaires pour nous vendre des racines de gingembre ou de la lessive avariée (alors qu’il s’agit en réalité de viande pourrie de veau réduite en poudre.)
Avant de faire lovely-love dans une pénombre en silicone noir, au centre de la cour du donjon, une sorte de brasier brûlait, je le savais, mes yeux avaient mal à force de regarder là-haut et il me semblait impossible que les processeurs, effectuant leur mise à jour pour découper les oreilles gelées de cet Inventeur, puissent encore fonctionner dans cette fournaise. Et anticiper le fonctionnement de la Cora-Hummer 7 qui fabriquait des histoires en agaçant la glotte de leur créateur placé sur la scène prête à prendre feu.
C’était un sauvage, ce génie de l’informatique, un aborigène jouant des variations A Cappella ; des variations qui, le foc déferlé, firent s’écrouler les navires contre les vagues, et d’oreilles coupées en RER, tandis que je farfouillais dans les options de ce traitement de texte, son réseau gangrenait des univers cicatrisés et vidés de leur suc et de leur prépuce ; un réseau qui téléchargeait d’immenses agrandissements photographiques. Sur ces photos, on pouvait voir les promoteurs numériques se précipiter tête-bêche dans le caniveau, en crachotant des spermatozoïdes pacifistes.
De mon côté, je gribouillais à présent sur mon bloc-notes : une caméra filmait les mouvements saccadés de l’écriture automatique, symbolisée par cette petite babiole de disque dur.
Synthétisées lors de ce transfert, des partitions musicales célébraient les films scénarisés montrant des maisons lourdes, hautes, kitsch et noires ; en avançant l’heure locale et en réduisant cette infime distance entre le décor photographique et les faux raccords, ces partitions musicales bourdonnaient comme cet étrange ordinateur.


