
C’était beau comme une pub Vinted après un clip de Saez, Pilule ; c’était beau en effet ces couloirs de métros vendant leurs réclames, leurs placements de produits à d’autres colonies d’insectes et d’hommes-scarabées pour réguler le trafic autoroutier ; et les responsables suspectés de les avoir enfanté qui touillaient les cartes du monde jouaient leur dernier va-tout tandis que les miradors, elles, guettaient. Envers et contre tous, j’avais décidé d’arrêter de prendre ces pilules pour dormir, je les regardais d’un œil vague, attaché presque sensuellement aux câbles électriques d’un suicide assisté par des menottes moyenâgeuses ; le suicide, cette vacherie de plus !
En me balançant au dessus d’un gazon verdoyant quoique imaginaire, j’apercevais quelque chose : peut-être un panorama cahotant de fantassins avec caméra à l’épaule, avec de tortueux sentiers et des naufrageurs oubliant leur tirade en tirant sur leur oinj qui ne leur procurait plus rien.
Comme décor : des taillis boisés exultant des insecticides sibériens, des fleurs sauvages falsifiant les câbles où j’étais suspendu à quelques pieds du sol, et le ciel d’un bleu spectaculaire ; il y avait aussi des ours qui se battaient avec les hommes-scarabées pour cracher sur les murs et tout le tintouin pour se référer à l’urbanisme de la ville.
Atterrissant comme un phylloxéra dans les refuges bouddhistes, je plaignais sincèrement ces esclaves, à portée de fouet, qui n’attendaient que l’échec de fin de mois… Qui se tuaient métaphysiquement dans un travail de sape à effondrer les valeurs occidentales ; bien que physiocrates, leur Tableau économique se résumait à un monde de silicone noire, de naïades fantasmagoriques baisées jusqu’à être rouées. Et ce supplice de la roue utilisé comme carburant pour le compte de cette étrange machine, censée recenser tous les traumatismes résultant de leurs arbres généalogiques ; des arbres qui sécrétaient sur un tronçon d’autoroute des accidents un brin trop affectifs, trop sarcastiques… Une sorte de défis pour retrouver leurs squelettes d’hommes modernes entremêlés et que j’avais décidé de relever sous la lumière tamisée de leurs réverbères…
