Le piano jouait des silences ordonnés. Presque architecturés. Tandis qu’à Rome sur la Place Saint-Pierre, des sonorités mauves et chaudes qui souvent venaient dormir avec nous, au creux d’un arbre, descendaient en sandales impériales, et dans Son Sanctuaire déparaient…
Vertueuse léthargie que la seule note, rude, ne pouvait éteindre sans le recours au piano, à son piano que le poète Sanaï désaccordait en l’invoquant comme dans les rues de Saint-Pétersbourg.
Et enfin, je la vis arriver en robe blanche, tellement lumineuse que d’authentiques samouraïs en perdirent leur latin, tellement étincelante qu’elle éclairait mon chemin se sanctifiant dans les pupilles des plus grands pianistes se rétrécissant.
À l’encre de chine je dessinais sa Garde Impériale, un peu rétro sous le regard du roi des ermites, un dessin déjà effacé par les sarcasmes du temps, qui d’ellipses en ellipses à la santal, zébrait le périmètre restreint de mes pensées, des croissants de lune.
Au royaume des légendes on the road, malgré l’art, la science et la sophistication de ses cosmétiques, j’avais soif de perfectionnement : je voulais parfaire sa garde-robe (des robes de Santa Fe, des guêpières jouant leur rôle, et d’autres accessoires mystificateurs).
En parcourant ainsi ses affaires, je pensais secrètement aux nombreuses campagnes menées par ces corporations conjugales afin de les rendre aussi beaux et étincelants qu’un dieu ou une déesse grecque.
J’étais le Grand Maître du Jeu, elle enfilait les fringues que je lui proposais et elle devint ainsi, après cet échange de bons procédés, une Princesse japonaise d’une Beauté riche en sévérité et en dépouillement oriental
