Poésie surréaliste NotesMat15

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La tribu des actrices

Dissociés des autrefois, comme des gravités qu’on ne peut retrouver que dans le grand manuscrit des vikings, d’abord des plans successifs qui zooment sur des scribes écrivant avec le lait de la pitié. Puis on distingue, quoique noyées dans les détails, leurs lignes saccagées par des narcotiques sanguins… des pénombres espacées par d’autres plans se mêlent à l’ensemble.

Ainsi sont nés tous ces composants d’un film où les actrices surchauffées d’excitation, de ferveur sanglante, approchent prudemment et la voix off raconte que cette tribu exclusivement composée de femmes se dépense chaque jour pour en arriver au stade où les muscles se contractent… leur cœur aussi s’abreuve du sang d’éden et quand elles dépassent le cap des îles silencieuses, la bande vidéo supportée par un magnétoscope gère leur mal en haut de la grande Bibliothèque pour construire des cathédrales ou des temples d’idées mortes.

Pour interroger les auspices aussi ; et leur cœur saccagé lui-aussi ruine la santé des grands mammifères marins : un crochet télépathique effectué par leurs drakkars pulsant des ondoiements écervelés de phylactères barbares…

En tombant encore davantage au fond de leurs tasses de thé aromatisé au carbone, leur vigilance perd pied et leurs corps avec leurs bras et leurs jambes se tordent comme des étranglements de craie et de fusain séchant au soleil demeuré et composé de verreries précieuses. Ainsi, comme tous les anciens vikings, leur reine ayant parcouru des kilomètres défoncés à la colle, étant désormais sur un piédestal d’ivoire, parle la langue des phylactères pour décrire leur jogging du matin à travers les montagnes ; ces montagnes qui s’en vont verdir ces royaumes conquérants et de nouveaux sommets… Et en haut de ces altitudes qu’un physionomiste ne peut reconnaître, elles retrouvent leur maître (Maître Yoda peut-être) et sa clique de baba cool herculéen.

Alors tout éclate soudain dans les remous de leur bain chaudement approvisionné en charbon ardent : l’architecture sacrée et génétique de ces sources où meurent les narcotiques les plus dangereux, met en doute la véracité de leur exploit en pays conquis… et la morphine réside au sein de cette idée, les talismans de cette force obscure cahotant entre les mondes chauffés à un degré providentiel, tout ça dans leur forme rayonnante…

Bref tous ces espaces-temps imaginés pour éviter la danse continuelle et le redémarrage du système ne sont que les pivots des phénomènes ventés, dessinant à pic dans le vitrail de leur église des présages funestes et ne recevant de ces stimulantes fins de siècle que des monstruosités napoléoniennes. Par télépathie avec d’autres conquistadors…

Ces stimulantes fins de siècle, ces bulles de gaz s’échappant de Vénus pour massacrer les populations terrestres, ces vitres cassées coupant les poignets et les mains de bronze des artisans quand ils les ramassent en mille morceaux, enfin toutes ces pensées de guerre sainte oubliées et hérissées de pythons noirs émergent à un moment où l’on s’y attend le moins, bref tout ça aussi contribue aux apparitions et aux disparitions de leur Vierge sanctifiée ; son poison venimeux comme l’huile essentielle extraite des branches des sapins, a fait naître des représentations de pivoines maléfiques sur leurs vitraux mais, si on étudie à fond les probabilités qu’elles reviennent nous hanter, il y a cependant en leur défaveur le secret artificiel de tous les azimuts à conquérir et qu’elles ne peuvent assimiler.